Des milliers de policiers quadrilleront la capitale afin d'assurer la sécurité. Alger est, incontestablement, la ville la plus criminogène en Algérie en comptabilisant, durant les neuf premiers mois de l'année en cours, 37 crimes de sang et 5000 autres délits. Plus de 90.000 personnes blessées des suites d'agressions, pour la plupart par arme blanche, ont été enregistrées durant cette période. Cette hausse de la criminalité, toutes formes confondues, a généré un sentiment d'insécurité au sein de la population. Les fortes sommes d'argent que détiendront les citoyens durant le mois de Ramadan allécheront, certainement, le grand nombre de délinquants et autres criminels qui sillonnent les artères de la capitale. Au vu de ce phénomène grandissant et inquiétant, la Dgsn et la Sûreté de la wilaya d'Alger ont mis en place un dispositif draconien dans la perspective de sécuriser les lieux publics et les personnes. On parle de milliers d'éléments qui seraient mobilisés pour le mois de Ramadan et qui seront relayés par un grand nombre de policiers en tenue de ville. Ce dispositif vise à minimiser la criminalité sous toutes ses formes et qui prend, selon les statistiques des corps sécuritaires, des proportions alarmantes. Trois fronts sont ainsi ciblés par le dispositif, à savoir la criminalité sous toutes ses formes (agressions, vols, trafic de stupéfiants, etc.), les SDF et autres aliénés pouvant constituer un danger potentiel pour les citoyens ainsi que la mendicité (réprimé par le code pénal surtout en cas d'utilisation de mineurs à des fins malintentionnées) et enfin la sécurité routière qui fait, malheureusement, des victimes aux dernières heures de la journée de jeûne. «Depuis déjà un mois environ, nous révèle la cellule de communication, une opération de redynamisation de l'ensemble des services relevant des Sûretés urbaines et de daïra (Gmac, PJ, Bmpj, administration, etc.) a été lancée», ajoutant «qu'une nouvelle unité pédestre et véhiculée, parfaitement entraînée dans l'art du combat et choisie sur les critères physiques et psychologiques est déjà sur le terrain. Elle est dotée de tous les moyens roulants et techniques (menottes, bâton, détecteurs de métaux, etc.) et a multiplié les rondes dans les quartiers de la capitale». Une sorte de défrichement qui a abouti, nous dit-on, à l'arrestation d'un grand nombre de revendeurs de stupéfiants, de repris de justice et délinquants de toutes sortes. Par manque d'infrastructures pénitentiaires ou pour des raisons occultes, la plupart ont été remis en liberté provisoire. Cette nouvelle unité aura pour mission essentielle de renforcer, par unité mobile, leurs collègues en des quartiers précis et connus pour contenir des activités criminelles. En termes clairs, les éléments de cette unité auront la possibilité de se déplacer, suite à des informations, vers des lieux où un délit a été localisé et identifiés comme des quartiers à hauts risques. Au même titre que les Gmac, les éléments de la nouvelle unité (dispatchée à travers la capitale en groupe de deux) aura en charge de lutter contre la criminalité et cibleront les flagrants délits (violence et voie de fait, verbalisation des contrevenants en matière de sécurité routière, sécurisation des lieux publics, délocalisation des toxicomanes, etc.). Cette guéguerre sans merci contre le crime et l'insécurité sera entreprise durant le mois de Ramadan mais sera maintenue durant les mois à venir. Les services de sécurité espèrent à travers ce dispositif, mettre fin au sentiment d'insécurité ressentie par les citoyens à Alger mais aussi à travers tout le territoire national. La Sûreté de la wilaya en concert avec les autorités locales et la Protection civile ont procédé depuis quelques jours au ramassage des SDF pour les acheminer vers des centres d'accueil. Suite à un rapport établi par les services de sécurité, les présidents des APC seront tenus de formuler un «arrêté de placement d'office» pour permettre leur placement dans des centres spécialisés. Toutefois, la réussite de cette opération est tributaire de la réalisation de nouvelles infrastructures adéquates. Concernant la sécurité routière, la même unité, parallèlement aux équipes motorisées, a entrepris une campagne de sensibilisation des usagers. Il est même fait état de l'installation de radars en des points sensibles pour pénaliser les contrevenants et surtout éviter que des accidents ne surviennent aux dernières heures du jeûne. Les zones périphériques et neo-urbaines seront, quant à elles, sous le contrôle des éléments de la Bmpj. Une mesure visant à parer à d'éventuelles incursions terroristes. Les mouvements terroristes en Kabylie en sont des signes révélateurs et inquiétants. D'ailleurs, les derniers attentats meurtriers qui ont ciblé des policiers à Zemmouri et autres endroits ont incité les forces de sécurité à observer plus de vigilance. A ce sujet, les services de sécurité ne cachent pas leur inquiétude durant le mois de Ramadan. Hormis, les attentats, l'allégeance officielle du Gspc au réseau d'El Qaîda, inquiète à plus d'un titre, tous les stratagèmes. Dans ces zones néo-urbaines et particulièrement dans la wilaya de Boumerdès, plus de 3000 éléments de la Gendarmerie nationale (corps d'élite de la défense nationale) seront déployés pour renforcer le dispositif de leurs collègues.