Le Ramadhan au centre-ville de Tizi Ouzou, c'est aussi le théâtre régional «Kateb Yacine» Chaque soir, après environ une heure du ftour, des centaines de familles se dirigent presque automatiquement vers la grande placette Mbarek Ait Menguellet, située à l'ancienne gare routière de Tizi Ouzou. Cette placette est devenue, depuis le premier jour du mois sacré, La Mecque des Tizi Ouzéens qui la prennent d'assaut chaque soir. En dépit d'une affluence record qui règne à cet endroit et la promiscuité qui y, les gens la préfèrent toujours aux autres lieux publics. Elle reste indétrônable pour l'instant. Peut-être que le fait qu'il y ait sur place un mini-parc de loisirs pour enfants fait de cet espace l'un des plus convoités par les familles en ces soirées ramadhanesques exceptionnelles. Autant la ville de Tizi Ouzou est plongée dans une morosité totale durant la journée, autant les soirées respirent la vitalité. D'ailleurs, pour traverser le centre-ville de bout en bout en voiture, pendant la nuit, il faut prendre son mal en patience. Des bouchons monstres se forment aussi bien au boulevard Abane Ramdane ou la Grande Rue qu'au boulevard Lamali (route de l'hôpital), on dirait que toutes les voitures sont en stationnement, au milieu de la chaussée, tant elles avancent très lentement. Les terrasses des cafés, tous les cafés, sont occupées. Bien malin celui qui pourra dénicher la moindre table libre. Quand la table est trouvée, point de chaises! Car ceux qui «y élisent domicile» ne quittent ces terrasses que bien des heures plus tard, non sans avoir consommé tout ce qui se trouve sur les étals, du café au thé, en passant par les limonades, jus, glaces et surtout qelbellouz. L'ambiance ramadhanesque est perceptible au centre-ville. Au jardin public Mohand Oulhadj, qui scintille de mille lumières, les familles aussi par centaines, y affluent dès le début de la soirée pour ne déguerpir qu'à partir de 1 heure du matin. Juste à côté, la Maison de la culture Mouloud-Mammeri et plus particulièrement la grande salle de spectacle grouille de monde chaque soir. Autant que pour le fameux cercle de la JSK, situé juste en face, où une terrasse géante accueille également des dizaines, voire des centaines de clients. Le jardin du 17 Octobre 1961, sis en plein coeur de la ville des Genêts est à son tour transformé en une grande cafétéria avec terrasses spacieuses. Les familles et des groupes de jeunes filles ou de jeunes gens prennent du plaisir à y siroter une boisson chaude ou fraîche ou à sucer une glace succulente tout en profitant de la fraîcheur de la soirée qu'on ne peut pas retrouver chez-soi, à moins d'allumer son climatiseur. Le Ramadhan au centre-ville de Tizi Ouzou, c'est aussi le théâtre régional «Kateb Yacine», situé au boulevard «Larbi Ben Mhidi». Depuis le début du mois sacré, les soirées théâtrales battent leur plein dans cet établissement culturel. Tous les soirs à 22 heures, le public a l'embarras du choix. Les présentations de pièces de théâtre se suivent quotidiennement et ne se ressemblent pas. En plus des troupes théâtrales de la wilaya de Tizi Ouzou qui proposent des pièces généralement en langue kabyle, d'autres troupes venant de plusieurs wilayas viennent également avec des pièces en langue arabe, classique ou dialectal. Le Théâtre régional Kateb Yacine a même offert une soirée théâtrale spéciale enfants, jeudi dernier à l'occasion de la Journée mondiale de l'enfance. En plus des pièces de théâtre, le TR Kateb Yacine annonce pour la soirée de mercredi prochain une soirée en hommage à l'artiste Nordine Aït Slimane à l'occasion de la Journée nationale de l'artiste. Toujours au volet des animations artistiques, à la Maison de la culture Mouloud-Mammeri cette fois-ci, la direction de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou annonce pour aujourd'hui à 22 heures un gala animé par le chanteur Rabah Ouferhat, auteur de la célèbre chanson «A tala y lughen». Il sera accompagné sur scène par Belaïd Tagrawla, l'auteur des fameuses chansons «Fadhma N Soumer» et «Yemma thedda hafi» «ainsi que de Djamel Kaloun, un jeune talent qui ne cesse de monter. Pour la journée de demain, ce ne sont pas moins de trois stars de la chanson kabyle qui s'y produiront, à savoir la diva Nouara, Brahim Tayeb et Ali Méziane. Les galas se poursuivront à la Maison de la culture jusqu'au 24 juin avec la participation de célébrités de la chanson kabyle comme Yasmina, Ali Ferhati, Akli Yahiatène, Rabah Asma...