On le jalouse pour sa réussite sans savoir que celle-ci a été obtenue au prix du sérieux et du savoir-faire. Quoi qu'il arrive maintenant, il est certain que les équipes qui auront marqué la phase aller du championnat de la division 1 seront l'ASO Chlef et le Paradou AC. Voilà deux formations dont rares étaient ceux qui auraient misé le moindre centime avant le démarrage de la saison et qui se sont retrouvées en train de jouer dans la cour des grands. Si tant est que l'on peut qualifier ainsi les formations habituées aux titres et aux places d'honneur. Disons que dans la médiocrité d'une compétition à faire dormir debout, on préfère parler de moins mauvaises équipes. Toujours est-il que l'ASO et le PAC sont parmi elles et ne semblent pas du tout gênés de se retrouver là. On peut, à la rigueur, ne pas parler de surprise pour la première, l'ASO étant depuis quelques saisons une équipe que l'on retrouve souvent dans le haut du tableau et qui est le détenteur de la Coupe d'Algérie. Que dire, alors, du second, nouveau promu et qui a, à peine, 12 années d'existence. Cela fait déjà quelques saisons que le PAC est sorti de l'extraordinaire pour tomber dans l'ordinaire tellement il forçait au respect. On a, peut-être, pris au départ pour de la rigolade ce qu'il accomplissait. Aujourd'hui qu'il est en division 1 on est bien obligé de croire que ce qu'il réalise n'est que la concrétisation et la confirmation d'un travail bien fait. La réussite engendre la jalousie et celle-ci fait jacasser les gens autour d'une consécration bâtie sur du faux et acquise au prix fort, au moyen de pratiques douteuses, parce que le PAC croulerait sous l'argent. Si les responsables de ce club, qui l'ont mené de la petite de nos divisions jusqu'à la plus huppée, en quelques saisons seulement, ont agi de cette manière, c'est qu'ils doivent émarger dans le cercle des hommes les plus riches de la planète parce qu'il aurait fallu des sommes faramineuses et un savoir-faire hors du commun dans l'art de truquer un match pour faire ce qu'ils ont fait. C'est toujours ainsi dans le football algérien, au lieu de prendre pour exemple celui qui réussit, on casse du sucre sur son dos et on bâtit à son encontre une réputation mafieuse. Nous préférons, pour notre part, nous en tenir au constat que le PAC est, jusqu'à présent, l'une des plus belles réussites accomplies au niveau d'un club de l'indépendance à nos jours. Et si réussite il y a eu les «éreinteurs» de tout bord feraient mieux de méditer sur le fait qu'ils ont affaire à un club qui a la particularité d'avoir les mêmes dirigeants depuis sa création, il y a douze ans, jusqu'à nos jours. Cela est déjà important mais il devient énorme lorsqu'on sait que ceux qui portent le club à bout de bras, les frères Zetchi, ont le sens de la gestion rigoureuse et un savoir-faire que bon nombre de ceux qui sont aux commandes de nos plus grands clubs n'ont pas. Le 2e point qui plaide pour ce club c'est qu'il a en Bouhellal un entraîneur qui était déjà là lorsque le PAC est né. Que l'on nous cite une seule formation qui a stabilisé à ce point son staff technique. Il y a l'ASO qui le fait puisque son coach Amrani est en poste depuis trois saisons et comme par hasard, cette ASO-là joue les premiers rôles, elle qui a le plus petit budget de la division 1. Cette stabilité de l'équipe dirigeante et du staff technique fait que les joueurs qui atterrissent dans ce club se sentent à l'aise. Voyez ce qui se dit dans la presse spécialisée. La plupart de nos clubs, même les plus aisés, font, souvent, parler d'eux à propos de joueurs qui n'ont pas été payés ou parce qu'ils ne sont pas alignés. Rien de tout cela au PAC où l'on n'a jamais eu d'information sur une quelconque crise. Du reste, le PAC doit être, certainement, en tête du classement du fair-play parce qu'il existe un mot d'ordre en son sein qui consiste à éviter de rouspéter auprès des arbitres. En outre même s'il n'a pas le statut de club professionnel, il montre qu'il veut y aller. Au stade de Bologhine où il joue ses matches, il se singularise par le sérieux de ses joueurs tous habillés de la même manière, avec costume-cravate SVP et valise à roulettes en guise de bagage. Cela, n'a peut-être, rien d'extraordinaire mais on connaît beaucoup de supporters qui aimeraient voir leurs clubs respectifs agir de la même manière. En outre, le PAC n'a pas besoin de prétendues vedettes pour réussir. Une sage politique de recrutement de joueurs sérieux et motivés suffit pour obtenir de bons résultats. Et au rythme où les choses évoluent, il n'y a pas loin de voir un jour ce club devenir champion d'Algérie. Un club qui n'a pas, jusqu'à ce jour, de stade propre à lui pour recevoir ses adversaires. Il paraît que les frères Zetchi ont fait du maintien l'objectif principal du club cette saison. Quelques mois ont dû suffire pour leur montrer que la division 1 était loin d'être une montagne. On n'a certainement pas fini d'entendre parler du PAC.