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Constat et variantes de solutions pour la capitale
Circulation en milieu urbain : état des lieux et perspectives
Publié dans Liberté le 17 - 12 - 2008

Ni les trémies ni les nouvelles routes n'ont réussi à améliorer de façon marquante la fluidité de la circulation. Les raisons de cette situation sont nombreuses. Des solutions nouvelles peuvent être envisagées afin de réduire la congestion dans une capitale qui étouffe.
Un des problèmes urbains les plus irritants de notre époque est sans conteste celui de la circulation routière et de ses désagréments. Aussi, aborder le thème de la circulation routière à Alger relève presque de la punition tant la mission paraît gigantesque, voire impossible. Pour toute personne primo visiteuse de la capitale, l'étonnement commence à quelque dizaines de kilomètres du centre-ville, que l'on vienne de l'est ou de l'ouest de la capitale. Pour les habitués, l'angoisse les prend dès la sortie du domicile ou du bureau qui se manifeste sous la forme du choix de l'itinéraire à emprunter pour se rendre à l'endroit souhaité. Ajoutant au stress quasi quotidien lié aux dures conditions d'existence et à l'environnement, la circulation routière et son corollaire, la congestion des routes, finissent d'achever le citoyen obligé d'effectuer des déplacements journaliers et pour qui circuler dans la capitale s'avère un exercice d'acrobatie et d'ingéniosité et, parfois aussi, de résignation.
Le malaise de la circulation n'est pas dû seulement à la configuration de la ville
Ni les trémies ni les nouvelles routes n'ont réussi à améliorer de façon marquante la fluidité de la circulation. Les raisons de cette situation sont nombreuses. Le malaise de la circulation à Alger est dû bien sûr à la configuration générale de la ville, mais pas seulement. L'accroissement du parc automobile, l'exiguïté des infrastructures routières, l'absence de moyens de transport modernes et performants et de parkings auxquels s'ajoute l'indiscipline des automobilistes accentuent sensiblement le phénomène. L'heure de pointe qui, ailleurs est la période de la journée pendant laquelle un trafic est le plus important, n'a pas le même sens chez nous où elle est devenue quasi permanente. Alors que les villes modernes sont aujourd'hui un espace urbain ouvert aux piétons et fermé aux véhicules, un espace de convivialité où il fait bon se promener, Alger connaît une saturation permanente de voitures qui la polluent et l'avilissent.
La ville conçue pour 800 000 habitants abrite environ 5 fois plus
Il est un fait que la situation est on ne peut plus complexe de nos jours. Les données ont tellement évolué dans une ville conçue pour tout au plus 800 000 habitants qui abrite de nos jours environ 5 fois plus avec pratiquement les mêmes voies de circulation et accueille quotidiennement deux millions de véhicules, contribuant grandement à la densification du trafic routier. En outre, le problème de la circulation n'est pas circonscrit à l'hypercentre, il déborde sur la banlieue et touche pratiquement l'ensemble des quartiers avec, il est vrai, une congestion moins constante. D'aucuns peuvent s'interroger sur le pourquoi d'une aussi grande affluence. Il s'agit de la capitale où sont concentrés la presque-totalité de l'administration centrale et des sièges des grandes sociétés, des centres de soins, de loisirs et de culture et cet afflux est naturel. Certes, d'autres capitales de par le monde exercent aussi et peut-être davantage d'attraction qu'Alger. À la décharge de notre capitale, la politique des transports et l'imagination en termes de déploiement des activités socioéconomiques n'ont pas été à la hauteur des défis et des ambitions d'une ville moderne, de son temps. Car si la ville doit accueillir, en sus de sa population propre, les centaines de milliers de visiteurs ou travailleurs, il est impératif qu'elle doit être parée des atouts nécessaires à la prise en charge de ces derniers dans les conditions les plus avantageuses en termes de temps, de confort et de sécurité. Et, dans ce domaine, Alger est loin d'en disposer. Le nombre impressionnant de véhicules qui “tournent” dans la ville intra muros et extra muros à la recherche d'une place de stationnement est à cet égard révélateur de la faiblesse criante de moyens de transport public de masse et de l'incapacité chronique du système des transports à prendre en charge correctement et en tout lieu la demande exprimée par les citoyens dans l'étape actuelle. Cette situation est extrêmement pénalisante tant sur le plan de la santé publique, avec l'effet de pollution atmosphérique engendré par les gaz d'échappement, que sur le plan économique avec les heures perdues sur les routes et un coût social qu'il faudra bien quantifier un jour. Alger est devenue en quelque sorte otage des embouteillages et il faut convenir, n'étaient-ce les projets réalisés par le ministère des Travaux publics, la capitale aurait été complètement engorgée.
Le nouveau plan de circulation ambitionne d'apporter des solutions efficaces
Les autorités en charge de la capitale ont imaginé et mis en œuvre une pluralité de solutions qui sont demeurées insuffisantes. Privilégiant souvent par le passé les solutions provisoires aux actions en profondeur, elles refusent toutefois de se laisser gagner par la fatalité et envisagent la mise en œuvre de solutions autrement plus efficaces avec un nouveau plan de circulation qui ambitionne d'apporter des solutions efficaces pour fluidifier le trafic routier. Il comprend, entre autres, la généralisation des voies à sens unique, la multiplication des feux tricolores au niveau des carrefours, la mise en place de pistes cyclables, afin d'inciter les gens à utiliser ce moyen de transport écologique et peu encombrant. Ces projets devraient voir le jour après la livraison des grands projets de transport, à l'exemple du métro et du tramway et nombreux sont ceux qui fondent leur espoir sur la mise en service de ces moyens modernes ainsi que sur le deuxième périphérique, prévu pour 2009. Ce dernier, qui reliera Boudouaou à Zéralda via Birtouta, devrait contribuer de manière significative au désengorgement de l'actuel, Zéralda-Dar El-Beïda et contribuer à la réussite de ce nouveau plan de circulation. La réception de ces nouvelles infrastructures d'une importance capitale et sans précédent pour notre pays ne serait cependant pas suffisante pour décongestionner le trafic à Alger. Certains quartiers de la capitale resteront confrontés pour de nombreuses années encore au problème de la circulation, faute de moyens de transport de masse. S'il est vrai aussi qu'un plan de circulation ne vaut que par le degré de son application, il faut reconnaître la générosité de ces mesures. Gageons qu'il aura la réussite espérée et qu'il répondra aux attentes de la population.
Les méthodes de gestion des voies dans certains pays
L'ampleur des phénomènes de saturation des réseaux routiers en zone urbaine et périurbaine devrait inciter les décideurs à expérimenter divers procédés pour maîtriser la congestion ou pour augmenter la capacité des infrastructures existantes.
Des pratiques, en vigueur dans certains pays consistent à réserver l'utilisation de certaines voies à des catégories spécifiques de véhicules ou d'usagers.
Depuis quelques années, différentes méthodes de gestion dynamique des voies sont menées dans certains pays telles que le rétrécissement des largeurs de voie pour en augmenter le nombre, la circulation temporaire (heures de pointe) ou permanente des voitures particulières ou des transports en commun sur la bande d'arrêt d'urgence (BAU), etc. Il va de soi qu'une telle mesure n'est compatible qu'avec une signalisation appropriée le long du tronçon exploité. Par ailleurs, la réalisation de parkings ne doit pas concerner uniquement ou principalement le cœur de la ville comme cela s'est fait jusqu'à présent.
La voiture n'est pas obligée de pénétrer le centre-ville si des parkings de dissuasion, ou parkings relais étaient construits ou des aires de stationnement dégagées à la périphérie : à El-Harrach, Birkhadem, Hussein-Dey, Kouba et autres centres urbains importants. Cependant, il faudrait en parallèle assurer un transport régulier à partir de ces centres vers le moyen de transport de masse, train de banlieue, tramway ou métro vers le centre-ville, ce qui n'existe pas encore.
Pourun système de transport efficient, moderne et rapide
Il reste que le meilleur moyen d'amener les automobilistes à renoncer au confort douillet de leur “joujou” avec lequel ils entretiennent une relation quasi fusionnelle, et indépendamment de la mise en œuvre d'un plan de circulation qu'on annonce audacieux reste l'existence d'un système de transport efficient, moderne et rapide. Offrir en quelque sorte une alternative fiable et durable. Les infrastructures en voie de réalisation et les équipements en voie d'acquisition, métro, train de banlieue à ligne électrifiée, et tramway ajoutés à des bus ponctuels et de qualité devraient améliorer de façon marquante la circulation au centre-ville et soulager ses habitants des effets nocifs de la pollution sonore et atmosphérique qu'ils endurent depuis des décennies.
Des décisions courageuses et innovantes pourraient également être envisagées qui consisteraient à décentraliser les établissements polarisant un grand nombre de personnes ou à instaurer le stationnement payant sur les principales artères de la capitale à l'instar de certaines villes de pays étrangers ou alors organiser une circulation alternée pour les véhicules selon le chiffre terminal de la plaque minéralogique, pair et impair. La mise en place d'un péage, sorte de droit d'accéder au centre-ville, est une autre variante que certaines villes de par le monde ont adoptée. Il ne fait pas de doute qu'au-delà de leur taux de faisabilité de telles mesures se heurteraient à la résistance farouche de la population.
l'Etusa, unique opérateur dans le centre-ville
Par ailleurs, une solution pourrait être envisagée en restaurant l'Etusa comme unique opérateur dans le centre-ville et dans un rayon de 10 kilomètres. Elle permettrait de réduire sensiblement la situation de désordre et d'anarchie causée par la multitude de transporteurs à qui il faut reconnaître l'apport indéniable dans la prise en charge du transport dans la période difficile de défaillance des entreprises publiques, mais qui n'ont malheureusement pas assimilé la notion de service public qui se rattache à leur métier et qui sont pour la plupart dénués de qualités professionnelles requises par la fonction. Cette solution qui devra, il est certain, être étudiée avec la plus grande sérénité serait accompagnée d'un renforcement conséquent du parc de l'Etusa à la mesure des objectifs qui lui seraient assignés et avec le souci d'assurer les mêmes opportunités de gain et de rentabilité aux exploitants actuels des lignes qui seraient rendues à cette entreprise. L'entreprise publique devrait dans cette hypothèse pouvoir se redéployer en retirant une partie de son parc sur les sections prises en charge par les transports de masse et renforcer les autres secteurs non assurés par ces moyens de transport.
L'objectif n'est pas d'écarter le secteur privé dont l'apport serait tout aussi apprécié si les opérateurs actuels pouvaient s'agréger pour constituer des entreprises viables aux proportions acceptables avec des moyens de 50 véhicules et même davantage et qui seraient soumises aux mêmes règles de fonctionnement que celles qui régissent le secteur public.
Il faudrait seulement gérer l'avenir avec une prudence extrême et une vision claire et neutre des objectifs afin ne pas refaire les mêmes erreurs passées. Il faut convenir que les projets de réalisation de nouvelles facultés de médecine et de droit respectivement à Châteauneuf et Saïd-Hamdine dans des zones aussi denses et saturées ne vont malheureusement pas dans ce sens et ne participent pas d'une gestion rationnelle et réfléchie de la politique urbaine.
Z. B.
(*) Cadre supérieur de l'état en retraite


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