Le jeûneur, dit le hadith, a une double joie : au moment de la rupture et à la fin du mois du jeûne, en ayant accompli son devoir dans la piété et la dévotion pour l'observation du quatrième pilier de l'Islam. Comme fête religieuse, les musulmans accueillent l'Aïd dans un élan de ferveur, de remerciement à Dieu, de prière, de solidarité et de joie. Ils partagent ensemble des moments extraordinaires vécus pendant tout un mois d'abstinence et de recueillement. Ils se rappellent aussi les moments de joie et d'allégresse des veillées ramadhanesques inoubliables. Toute la société a vécu au rythme du Ramadhan qui a mis du baume au cœur et insufflé une dynamique nouvelle. L'on se rend compte qu'il est vite passé en nous laissant toutefois le sentiment du devoir accompli. Certes, les dépassements et les écarts de conduite, il y en a eu. Que voulez-vous, l'homme est faible de nature. Mais la miséricorde de Dieu est immense. En particulier durant ce mois. Le repentir, les prières, les aumônes, la zakat, l'aide aux pauvres et les visites familiales et amicales absolvent ces écarts. Tout le monde a plus ou moins profité de ses trois étapes de clémence, de pardon et de délivrance. Jamais la société ne se sent aussi unie et solidaire que durant ce mois sacré. C'est le moment de s'arrêter pour faire un bilan sur ce travail au niveau individuel et collectif. L'a-t-on observé fidèlement ou du moins de façon acceptable pour pouvoir prétendre légitimement à l'agrément de Dieu, ce que nous espérons pour tous? Quels sont les bienfaits récoltés? Quelles leçons faut-il en tirer pour pouvoir se corriger et ne pas perdre les bonnes choses acquises? Le sentiment du devoir accompli Le mois du jeûne n'est pas qu'une simple privation de manger et de boire. Il représente plus. D'abord il est une perpétuation de tout une culture et d'une tradition prophétique qui remonte loin dans l'histoire humaine. Sa prescription est d'une utilité morale et physique établie. Vis-à-vis du Créateur, c'est un autre acte de soumission et d'adoration. Le jeûneur a d'abord obéi à un ordre divin en lui faisant confiance. En contrepartie, le jeûneur tire des bénéfices que le mécréant ou le défaillant ne pourra jamais récolter dans sa vie sur les doubles plans. On a vu comment le jeûneur se rapproche de Dieu, célèbre l'anniversaire de la Révélation et la nuit du Destin par la lecture et l'écoute du Livre sacré. L'on a vu les avantages du jeûne sur le plan santé pour tout le corps qui se régénère et acquiert des immunités. Une société qui jeûne est une société forte au plan du corps et de l'esprit car le jeûne selon le Coran et le Hadith est signe de guidée et de santé pourvu que le jeûne soit observé correctement. Au moment où les risques d'égarement spirituel et d'influences négatives qui guettent nos jeunes en particulier d'un côté et ceux des maladies et virus de toute sorte de l'autre, le quatrième pilier de l'Islam révèle toute son importance dans l'équilibre social et la sauvegarde de nos valeurs. Il offre des occasions opportunes pour se débarrasser des mauvaises habitudes acquises, notamment les consommations nocives à la santé. Les moments de délices Tout n'est pas lugubre dans le jeûne. On a vu les délices permis de nuit dont la jouissance de l'art culinaire et les veillées ramadhanesques religieuses, culturelles et artistiques. La cuisine, les contes, la musique et la culture prennent une signification particulière durant ce mois, créant un climat d'animation intense et apportant une douceur inégalée. Contrairement à ce qu'aucuns constatent ce sont de tels facteurs qui aident à éloigner les soucis, à mieux se retrouver, à améliorer le moral et donc à être mieux disposé pour le travail utile et l'endurance. Au plan social, les actions de solidarité envers les plus démunis redoublent et se multiplient, individuellement ou collectivement. Au moins, nos pauvres mangent à leur faim pendant ce mois de piété et de charité. Il doit servir d'exemple pour le reste des mois de l'année envers ces couches en particulier les plus faibles, les orphelins, les malades et les personnes âgées et les femmes sans soutien. Une pensée pour El Qods C'est en ayant la conviction du devoir bien accompli que les musulmans se préparent à accueillir la fête de l'Aïd en se rendant en masse à la prière pour écouter le discours de l'imam et ses rappels utiles, notamment ses appels pour le pardon, les bonnes oeuvres, la guidée, la paix, la solidarité et la prospérité. Des pensées sont exprimées pour notamment les déshéritées dont le peuple palestinien qui lutte pour son indépendance et la récupération des Lieux saints d'El Qods occupés. De retour à la maison, ce sont les embrassades et les échanges de vœux et de pardon entre membres de la famille, les proches, les voisins et les amis en remerciant et glorifiant le Seigneur pour sa bonté et sa grandeur. C'est aussi savourer les délices de la vie pour oublier les difficultés de l'abstinence. En priant Dieu de nous accorder la vie pour être présent au prochain mois sacré et de pouvoir goûter à son charme en nous apportant bonheur et prospérité. Amin !