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“Le retour à la lutte armée n'est pas exclu”
Mohamed Abdelaziz, Président de la RASD, à Liberté
Publié dans Liberté le 03 - 08 - 2004

Dans cet entretien, le président de la République arabe sahraouie et démocratique revient sur le dernier ballet diplomatique des Espagnols et des Français à Alger et les enjeux qui entourent la question sahraouie.
Liberté : Quelle lecture faites-vous des dernières visites et des déclarations du Premier ministre espagnol Zapatero, du ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier et du ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie ?
Mohamed Abdelaziz : Ce sont des visites ordinaires et naturelles. Après son élection à la tête du gouvernement espagnol, M. Zapatero a entamé des visites dans des pays proches géographiquement de son pays ou avec lesquels il entretient, d'une façon ou d'une autre, des relations particulières. Mêmes motivations pour les ministres français des Affaires étrangères, de la Défense ou de l'économie. Pour nous, la première lecture est positive. Comment ? Car l'Algérie, notre allié stratégique et naturel dans la région, le pays frère, a repris sa place qui devait être la sienne. Une place qui lui convient, en ce sens que c'est un grand pays qui a une place stratégique importante au sud de l'Europe. Elle a des frontières avec sept pays.
De grandes potentialités économiques mais surtout un pays qui est sorti de la situation des pays du tiers-monde. C'est un pays qui aspire à devenir comme les pays développés, lorsque l'on voit le mode de gouvernance, la démocratie, les libertés individuelles, la liberté d'expression.
Donc, nous sommes rassurés du volume et de la qualité de ces visites. Notre lecture est que l'Algérie est un pays important. Et sa parole écoutée. Restent les déclarations de MM. Zapatero et de Barnier : sincèrement, on ne comprend pas le contenu de ces propos lorsqu'ils feignent d'ignorer le soutien franc, clair et concret de la communauté internationale pour le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination à travers un référendum libre et démocratique conformément au plan de paix du Conseil de sécurité.
Certains milieux disent qu'il y a des velléités de faire pression sur Alger pour qu'elle change sa position par rapport à la question sahraouie. Votre commentaire ?
Moi je ne dis pas qu'il y a des pressions sur Alger. La position de l'Algérie ne date pas d'aujourd'hui. Elle date de 1966. Depuis cette date, elle soutient que la question sahraouie est un problème de décolonisation et qu'il convient de respecter le droit du peuple sahraoui à travers un référendum libre et démocratique. En dépit des fluctuations, des tergiversations de certains pays, l'Algérie est restée fidèle à sa position de principe. La meilleure des preuves est venue par la voix du président ainsi que du gouvernement algérien.
Donc, je ne vois pas, en tout cas qu'il n'y a pas lieu d'y voir des pressions de Zapatero et de Barnier sur Alger. Ils n'ont pas besoin d'ailleurs de faire des efforts pour connaître la position de l'Algérie. Il leur appartient de se conformer à la légalité internationale. Moi en tout cas, je n'ai pas sincèrement de préoccupation qu'il y ait des pressions sur Alger.
En revanche, il est vrai qu'il y a des pressions sur le peuple sahraoui et le Front Polisario menées par la France et d'autres pays. Il y a des tentatives de faire dévier le train et d'éloigner la communauté internationale du plan de paix.
Comment ?
Quand on voit en 2004 quelqu'un ignorer le plan de paix, fruit de 30 ans de travail des Nations unies et de la communauté internationale ; ignorer le plan de Baker, ce grand diplomate, et faire l'impasse sur le fruit des négociations de Lisbonne, Londres, Genève, Berlin et Washington ; quand on voit aujourd'hui quelqu'un s'intéresser au règlement de la question sahraouie et ignorer le plan de paix entériné en 1991 et conforté par les accords de Houston en 1997, sincèrement je ne vois pas de signes positifs.
Vous sous-entendez par là la France et l'Espagne ?
Je vise la France et l'Espagne. Leurs positions charrient un flou total autour de la question sahraouie.
Et si on revenait un peu en arrière. Comment expliquez-vous la démission de James Baker ?
Pour avoir évoqué James Baker, je tiens à présenter nos remerciements sincères pour cette personnalité américaine. Autant pour ses efforts que pour sa persévérance pour tenter de trouver une solution au problème sahraoui conformément à la légalité internationale et dans le respect du peuple sahraoui à l'autodétermination.
Le peuple sahraoui gardera de lui l'image d'un homme intègre qui a refusé la soumission et les pressions. Je ferais observer, en outre, que s'il était intéressé par l'argent, il aurait trouvé au Maroc ou chez ceux qui le soutiennent matière à corruption en contrepartie d'une position politique.
Donc pour vous, c'est une simple démission, il n'a pas subi de pressions…
Je l'interprète de façon ordinaire. L'homme a travaillé pendant sept ans sur le dossier. Il ne chômait pas. Il a des occupations dans l'administration américaine, eu égard à ses connaissances, son histoire et ses compétences. C'est un citoyen qui est un peu irrité par la position marocaine. Il réalise que les Marocains ne tiennent pas leurs engagements et qu'ils ne sont pas persévérants. C'est une forme de protestation contre la position marocaine. Mais il n'y a pas uniquement que ça. C'est aussi une forme de protestation contre les Nations unies et particulièrement contre le Conseil de sécurité dont les plus sages parmi ses membres n'ont pas, à ses yeux, suffisamment fait pression sur le Maroc pour accepter son plan.
Certains milieux disent que ces pays veulent aider le Maroc pour lui permettre de régler ses problèmes internes.
Même si tel était le cas, je pense que ceux qui pensent ainsi sont dans l'erreur. Le meilleur moyen pour le Maroc de s'occuper de ses problèmes intérieurs, c'est de se “défaire” du problème sahraoui. C'est donc une fausse solution.
Le Maroc a beaucoup à gagner pour libérer ses énergies et s'occuper de ses problèmes internes en se conformant principalement à la légalité internationale. Aussi, gagnera-t-il sur le plan international et sur le plan régional, ce sera un pays qui entretiendra des relations constructives avec ses voisins notamment l'Algérie et le Sahara. Quand on aura des relations basées sur le respect mutuel, je pense que ce sera aussi bénéfique pour le Maroc.
Mais on a l'impression, M. le président, que le peuple sahraoui s'impatiente. Beaucoup disent que l'ONU ne fait que gagner du temps et qu'il aurait été préférable de ne pas décréter le cessez-le-feu en 1991.
Certaines personnes et certains cercles disent que nous avons négligé la cause, que nous l'avons trahie et parfois même que nous l'avons vendue. Tout cela est légitime de leur part. Car il n'y a pas de demi-mesure pour eux : ou c'est noir ou c'est blanc.
Est-ce que le retour à la lutte armée est envisagé ?
Tant que les terres sahraouies sont occupées et que l'ennemi continue à nier la question sahraouie, l'éventualité de recourir à la lutte armée n'est pas exclue.
Cependant, une telle décision ou un tel choix nécessite une longue réflexion et une préparation.
Mais tant que le Conseil de sécurité et les Nations unies sont déterminés et travaillent sur la question pour convaincre les autres parties d'organiser un référendum, on continue nos efforts.
K. K.


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