Résumé : Narimène était emportée dans ses vers, si bien qu'elle ne remarque pas que son fils n'était plus en vue. Affolée, elle se lève et Racim en fit de même. Il scrutèrent l'horizon, mais l'enfant n'était nulle part. Pourtant un maître nageur les rassure. Il avait vu le petit courir vers un groupe d'enfants qui jouaient non loin de là. Racim prend la main de sa femme et court dans la direction indiquée. Il y avait effectivement des enfants de tous âges qui jouaient au ballon ou construisaient des châteaux de sable. Les uns portaient de petits seaux d'eau, d'autres des pelles et les plus hardis étaient assis à même le sable pour produire mille et un motifs avec leurs moules multicolores. Narimène regarde dans tous les sens. -Il n'est pas là. Choukri n'est pas là. -Calme-toi, nous allons le retrouver. Il ne doit pas être très loin. La jeune femme serre la main de son mari. -J'ai un mauvais pressentiment, Racim -Arrête donc avec tes absurdités et aide-moi plutôt à le chercher. Il regardèrent dans tous les groupes d'enfants qui les entouraient, questionnèrent quelques parents qui se trouvaient là, demandèrent à tous les gens qu'ils rencontraient s'ils n'avaient pas vu un jeune garçon qui portait un maillot bleu à rayures rouges et une casquette blanche. Ils continuèrent ainsi jusqu'à la tombée de la nuit. Narimène, effondrée, pleurait et se traitait de tous les mots. Racim la raccompagne à la maison et l'aide à se mettre au lit, avant d'alerter la police. Deux agents de l'ordre se présentèrent, posèrent quelques questions d'usage, prirent une photo du petit garçon et annoncèrent qu'il faut un délai de quarante-huit heures avant d'entamer des recherches. Le petit s'est peut-être égaré, et quelqu'un aurait pu le retrouver pour le ramener au commissariat du coin. Le temps est le seul allié pour le moment. Il faut qu'ils prennent leur mal en patience. Les policiers quittent les lieux, et Racim regarde sa femme et passe une main lasse sur son visage. Le petit n'est peut-être pas très loin, mais leur angoisse grandissait de seconde en seconde. Narimène pousse un gémissement et se remet à pleurer avant de prendre le bras de son mari pour le secouer violemment. -Tu ne vas tout de même pas attendre quarante-huit heures pour entamer d'autres recherches. Nous n'allons pas rester les bras croisés, alors que Choukri est peut-être mort ! Racim se lève. -Que proposes-tu ? -Qu'est-ce que je propose ? Elle secoue la tête. -De partir à sa recherche, bien sûr. Plus nous tardons, plus nous mettons sa vie en danger. S'il est encore vivant à cette heure-ci. Elle se remet encore à pleurer. -Mon bébé. Mon pauvre bébé. Choukri, mon ange, où es-tu donc ? Racim se laisse tomber sur une chaise. -Je ne sais pas où est-ce que tu avais l'esprit Narimène. Le petit était avec toi. Je ne pensais pas que tu allais le laisser livré à lui-même. -Je ne l'ai pas laissé livré à lui-même, lance-t-elle entre deux sanglots. Je... Il jouait avec sa pelle au bord de l'eau. Il n'y avait aucun danger. La marée était basse et il était assez loin. -Tu aurais dû le garder près de toi. Narimène s'emporte. -Pourquoi m'accuses-tu ainsi à tort et à travers ? Toi aussi tu étais là ! -Certes. Mais j'étais occupé. -Tu lisais le journal. Racim repasse la main sur son visage. -Arrêtons de nous accuser mutuellement. Nous ferons mieux de faire encore quelques recherches aux alentours, peut-être que Choukri a suivi quelqu'un. Un gosse de son âge par exemple et joue avec lui sans se rendre compte qu'il est loin de ses parents. Narimène secoue la tête. -Choukri ne peut pas rester aussi longtemps loin de nous. Il est trop habitué à notre présence. -Certes. Mais avec un enfant de cet âge tout est envisageable. Rappelle-toi le gosse de la voisine qui s'est enfermé dans un placard pour faire comme les animaux de ses dessins animés, alors que ses parents avaient remué ciel et terre pour le retrouver. Narimène ouvre ses mains. -Ce n'est pas notre cas. Il n'est pas dans la maison. Nous n'avons ni placard ni débarras. Il ne pourra même pas s'enfermer dans la salle de bain puisque la porte ne ferme même pas. (À suivre) Y. H.