A chaque mois de Ramadhan, les principales artères de la capitale du Titteri offrent un spectacle regrettable et désolant, par la venue de quelque part de contingents de pseudo-mendiants inconnus et d'un comportement étrange, donnant ainsi à la charmante ville antique une image triste et misérable. Une situation qui a atteint des seuils intolérables, il n'y a pas d'âge, des vieux, des jeunes femmes en compagnie de bébés, des enfants, tous n'hésitent pas à tendre la main. Un geste qui ne fait plus rougir de nos jours. La mendicité serait-elle en train de devenir chez nous un nouveau filon pour gagner sa vie tranquillement sans pour cela fournir de gros efforts. Aujourd'hui, on se demande comment distinguer un mendiant véritablement dans le besoin. A la tombée de la nuit, après une journée bien remplie, les poches bien pleines, ces comédiens et comédiennes occasionnels, errant à travers la cité, reprennent tous le chemin des commerçants du coin pour échanger leur butin, fait de milliers de pièces de monnaie, contre des billets de banque. Le montant de leur recette journalière, selon des indiscrétions, ferait envier beaucoup d'ouvriers qui se donnent toute la journée à fond dans des travaux pénibles. Faire la manche serait-il devenu un vice incurable ou plutôt un commerce des plus lucratifs toléré. Chose regrettable. Pourtant les agriculteurs de la région se plaignent constamment du manque criant de la main-d'œuvre durant toutes les saisons agricoles. Aujourd'hui, le ver est dans le fruit, les responsables sont interpellés pour mettre un terme à cette situation scandaleuse et dégradante aussi bien pour l'être humain que pour la société toute entière qui vit dans un riche pays à fortes potentialités économiques en matière de terres riches et fertiles ainsi que de ressources hydriques. Les dernières statistiques établies par la DSA de Médéa ont fait ressortir un taux de plus de 40% de terres en jachère dans la wilaya de Médéa. Le phénomène a pris des proportions si gravissimes qu'il est devenu pour le bienfaiteur difficile de reconnaître le nécessiteux méritant la sadaka de celui qui ne l'est pas.