En tant que Fédération nationale que pensez-vous et qu'elle est votre position par rapport au mouvement de protestation déclenchée par les lycéens ? Nous partageons entièrement les inquiétudes justifiées de nos élèves. Leurs revendications sont tout à fait légitimes. Toutefois, je tiens à préciser que nul n'a le droit de récupérer cette colère ni de parler au nom de ces élèves. La fédération reste le syndicat légal et le porte-parole de nos enfants. Elle est la seule habilitée à défendre leurs intérêts moraux et matériels. Nous sommes conscients des préoccupations des lycéens et par conséquent nous avons décidé d'agir pour demander le règlement immédiat de cet épineux problème. Un problème réel et sérieux. Il faut trouver une solution juste, appropriée dans le calme tout en préservant la stabilité de l'une des institutions les plus sensibles de l'Etat, à savoir le secteur de l'éducation. Nous avons saisi par écrit le ministre de l'Education nationale pour lui demander l'ouverture d'un débat sur la question. Une rencontre entre le bureau de la fédération et le premier responsable du département de l'éducation pour discuter sérieusement de la grogne des élèves, de l'inquiétude des parents et le suspense qui entoure la scolarisation de nos enfants, notamment en ce qui concerne les programmes, le bac lui-même puisque actuellement les élèves sont en train de subir un bac à un seul volume. Le ministre nous a promis de nous recevoir incessamment, c'est-à-dire juste après son retour du Sud et c'est à ce moment-là que nous annoncerons notre position par rapport à la situation. Nous réagirons en fonction du suivi qui va être réservé à notre action. Qu'attendez-vous concrètement de cette réunion et qu'allez-vous proposer comme alternative pour une sortie de crise ? Les élèves revendiquent l'allégement des programmes et la suppression de certains chapitres des différentes filières. Ils ont tout à fait raison, car les nouveaux programmes inscrits dans le cadre de la réforme du système éducatif sont très longs et très lourds. Le ministre a parlé et tenté à partir de la région d'Illizi, où il était en visite de travail, de rassurer le monde de l'éducation, mais les élèves veulent des assurances palpables et non pas des promesses verbales. Nous allons demander au ministre de revoir carrément le programme de la classe terminale de cette année et d'alléger par là même les horaires de leurs cours. Ces élèves n'ont pas suivi la réforme depuis sa mise en œuvre, d'où leur handicap à assimiler convenablement leurs leçons, et ce, à tous les niveaux. Dans ce contexte, nous demandons au ministre d'apporter une autre lecture à ces programmes qui ne sont pas adaptés au cursus suivi par cette génération issue, si l'on ose dire, de l'ancien système. Ces élèves ont été perturbés dans leur scolarité puisqu'ils ont fait six ans au primaire et trois ans au cycle moyen, alors que dans la réforme du système éducatif, il est prévu un cursus de cinq années au primaire et de quatre ans au moyen. L'équation est très simple : les études sont une sorte de chaîne, si elle est rompue, inévitablement il y aura un dysfonctionnement et c'est le cas actuellement. Les élèves de terminale ne peuvent assimiler certains cours dont les éléments de base auraient dus être enseignés en quatrième année moyenne. Chance qu'ils n'ont pas eu. En somme, puisque l'approche par compétence n'est pas appliquée dans sa totalité, nous demandons le report de ces programmes et leur application à partir de l'année prochaine. L'erreur commise par le ministère lors de la mise en place de la réforme a été de toucher des élèves qui ont suivi la moitié de leur cursus dans le modèle ancien. Aujourd'hui, il faut rectifier cette anomalie... Les élèves craignent pour leur avenir et n'ont pas confiance en leur responsable. Comment allez-vous peser pour calmer les esprits ? Nous lançons un appel aux lycéens pour qu'ils rejoignent les bancs d'école et, de notre côté, nous nous engageons en leur nom à prendre en charge leurs préoccupations qui sont aussi celles de tous les parents. La fédération exige de la part de la tutelle des réponses concrètes, officielles et palpables. La fédération va soumettre toutes les préoccupations des élèves et de leurs parents, elle rebondira sur le dossier portant sur l'instauration d'une deuxième session pour le baccalauréat. Pour rappel, nous nous battons depuis deux longues années pour l'application de cette disposition qui aidera inévitablement un élève qui a obtenu une note de 9,99 au baccalauréat et qui ne peut être racheté. Nous continuons à demander et à défendre cette revendication pour que nos enfants bénéficient d'une chance supplémentaire au baccalauréat. En somme, une deuxième session sous forme d'une mesure supplémentaire ne peut être que nécessaire pour les élèves de terminale.