Fermé l'été dernier, rouvert récemment puis refermé, le bâtiment qui demeure…., -le musée national des arts moderne et contemporain, (MAMA)- après des centaines de festivités culturelles périssables claironnées à longueur de "Alger capitale de la culture arabe 2007 ", reçoit depuis hier mercredi une exposition de photographies baptisée, " Regards reconstruits ".Comprendre par ce titre que les initiateurs de ce rendez- vous dont le ministère de la Culture et la direction de cette institution muséale flambant neuve, qu'il faut absolument se départir des images statiques des colons immortalisés à travers les rues serpentées de la Casbah, les femmes voilées arpentant les venelles de la capitale, les charretiers flanqués de burnous surannés, etc.., mais il faut construire ou " reconstruire " ses propres images à partir du regard authentique d'Algériens authentiques. Voilà donc pour " la leçon de décolonisation plastique" devant à notre avis commencer depuis celle économique. Du reste, les artistes qui participent à cette exposition sont des jeunes, parfaits inconnus et s'appellent , Samir Abchiche, Rachida Azdaou, Khaled Laggoune, Tarek Iles, Fayçal, Mohamed Guesmia, Hakim Guettaf, Selim Aït Ali, Naïma Saad Bouzid, Zakaria Djehiche et Abderrahmane Ouattou. L'exposition s'étalera sur deux mois pile, le temps de préparer d'autres rendez- vous à la faveur du très attendu et du très " robuste " Festival panafricain du mois de juillet prochain. Ces artistes sont venus à la photo semble- t-il par les chemins démocratiques comme le ferait un amateur qui crée une oeuvre filmique à partir de son téléphone portable. Certains sont des artistes peintres, d'autres architectes ou encore designer, mais ces arts disons- le ont tous un rapport étroit, celui de l'image. " Regards reconstruits ", consiste à promouvoir les jeunes talents dans leur créativité en photographie ", explique Mohamed Djehiche, directeur du musée regrettant que "la photographie soit le parent pauvre des arts en ce sens qu'elle est pratiquée par tout le monde et perd, par cette démocratisation, ses valeurs de créativité". Ces jeunes s'inspirent apparemment d'un lieu, comme la gare d'Alger, les aires de conteneurs du port, ou encore d'un rite collectif, la vie spirituelle de Timimoun, le patrimoine culturel des villes du Grand Sud….Selon Omar Meziani, lui-même artiste peintre et commissaire de l'exposition, " la créativité dans la photo est mise en valeur en parallèle avec les images vidéo élaborées par ces artistes ". Il explique que son service a " retenu onze jeunes talents, tous Algériens, qui présentent six œuvres chacun " ajoutant que "c'est la première fois que le musée programme une exposition de photographies " Et bien non ! Il y en a eu une succulente l'an dernier qui s'appelait " Regards des photographes arabes contemporains". Une expo plastique qui a déjà atterri à l'Institut du monde arabe à Paris, (IMA), avant de séjourner pendant près d'un mois dans cet espace immaculé, inauguré le 26 décembre de l'année 2007 dans le cadre de la défunte, " Alger, capitale de la culture arabe ". Près d'une dizaine de photographes de pays arabes, ont proposé leurs remarquables œuvres, tirées non pas de la réalité quotidienne mais travaillées selon un sens artistique qui autorisait plusieurs niveaux de lecture. Véritable création plastique, plusieurs photographies étaient là collées sur les cimaises maculées du Mama. Les responsables de l'expo ont par ailleurs fait savoir que ce mois- ci se tiendra une prochaine exposition organisée par l'Institut Goethe, tandis que le Panaf sera riche en festivités plastiques. Yasmine Ben