Le bras de fer entre les résidents de la cité Sonelgaz de Ben Aknoun et la Direction générale du groupe se poursuit. Alors que le directeur général de Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, a affirmé à plusieurs reprises que ces résidents n'encourent aucun risque d'expulsion, les résidents, eux, craignent d'être mis devant le fait accompli. M. Bouterfla a déclaré en effet le 11 octobre dernier, lors d'une conférence de presse, qu'aucune menace d'expulsion ne pèse sur les résidents et que la compagnie nie toute vente matérialisée par des actes administratifs au profit des résidents. Le jour même de cette déclaration, une émeute a éclaté à Ben Aknoun entre les résidents des cités de Sonelgaz de Ben Aknoun, Blida, Aïn-Benian, Aïn Taya, Boumerdès, Boudouaou, Bologhine, El Harrach, Sétif, Annaba, Oran et les forces de l'ordre. L'Association des résidents de la cite Sonelgaz «les Oliviers» de Ben Aknoun, a réagi avant-hier aux déclarations de M. Bouterfa. Dans un communiqué remis à la rédaction, l'association a relevé des contradictions dans les affirmations du P-DG. Elle a souligné d'abord que Sonelgaz «reconnaît, qu'elle avait envisagé de 2004 à 2008 la cession de son parc immobilier situé hors des enceintes d'exploitation et que cette procédure n'a pas pu aboutir». Le communiqué relève que de nouvelles «décisions de mise à disposition exceptionnelle» de logement sont transmises par les entités de Sonelgaz aux résidents, en cours d'activité. «Ces nouvelles décisions indiquent que les logements mis à leur disposition pour la période où ils exercent au sein de leur société, leur sont accordés à titre précaire et révocable», note le communiqué. «Peut-on affirmer, alors et sans scrupules, «qu'aucune menace d'expulsion ne pèse sur les résidents?», se demande l'association. Selon les signataires du communiqué, ces logements dénommés «logements de fonction» par Sonelgaz, n'ont en réalité que l'apparence de logements de fonction, car ils ne sont liés à aucune fonction particulière. «Les logements que nous occupons sont loin d'être des logements de fonction, mais plutôt des logements sociaux», tranche le communiqué, qui rappelle que le conseil d'administration et l'Assemblée générale de Sonelgaz avaient décidé, respectivement en 2005 et 2008, de poursuivre la vente «dans une première phase, de quelque 2000 logements» à leurs occupants. Sonelgaz avait déjà procédé par le passé, à la cession de 6800 logements à ses employés. L'association déplore le fait qu'en 2010, le processus de cession a été interrompu par le fait de M. Bouterfa, en demandant la restitution des actes de vente pour les remplacer par des contrats de location. Pourquoi le site de Ben Aknoun fait-il l'objet, en premier lieu, de tant de convoitises? se demande en outre l'association.