«Il n'y a aucune histoire de conflit au sein de l'hôtel El Djazaïr. Tout va à merveille, Dieu merci.» L'hôtel El Djazaïr (anciennement Saint Georges) demeure, malgré toutes les tempêtes, un bijou de l'hôtellerie en Algérie. Il a été fondé en 1889, sur l'emplacement d'un vieux palais au style hispano-mauresque dont de nombreux vestiges subsistent encore. Il était surtout destiné, à l'origine, à loger avec tout le confort auquel ils étaient habitués, les amis et les invités de la bourgeoisie résidant à Alger. Plusieurs pensionnaires et des plus prestigieux sont passés par là : Churchill, André Gide, Simone de Beauvoir, le baron de Rothschild...L'hôtel a été gravement endommagé durant la Seconde Guerre mondiale, à la suite de nombreux bombardements qu'il a subis. Il ne rouvrira ses portes qu'en 1948. De 1978 à 1982, il a été procédé à des travaux d'agrandissement et de réaménagement, respectant le style et l'architecture particulière de l'hôtel d'une part, et les normes internationales de l'hôtellerie de luxe, d'autre part. A sa réouverture, le 23 août 1982, il est rebaptisé alors «hôtel El Djazaïr». De 1982 à 1989, il devint un établissement autonome bien que régi par les textes portant gestion socialiste des entreprises, autonomie qui sera consacrée en 1989 par sa transformation en société par actions. A l'arrivée de M.Hamamouche à sa direction, l'hôtel avait 240 millions de dinars de créances dues à la mauvaise gestion de l'ex-responsable du service de recouvrement. Aujourd'hui, la trésorerie de cet établissement a atteint le chiffre d'affaires record de 710 millions de dinars. Bravant ainsi toutes les violentes attaques «physiques» soient-elles ou «morales». La dernière en date est celle émanant d'un groupe de cinq personnes qui ont abandonné leurs postes et, de surcroît, ont refusé de se conformer à la réglementation interne de l'établissement. Ces derniers, affirment-on du côté de l'administration, ont fait preuve d'une irresponsabilité inouïe, en quittant leurs fonctions sans aviser la direction générale. «Des travailleurs, au nombre de 5, ont abandonné leur poste sans même prendre la peine de nous aviser» déclare, M.Hamamouche, directeur de cet hôtel. «Autrement, il n'y a aucune histoire de conflit au sein de l'hôtel El Djazaïr. Tout va à merveille, Dieu merci», poursuit-il. «Deux d'entre eux m'ont diffamé dans les colonnes de journaux, un autre m'a accusé de vol, une autre personne a pris un congé de maladie et n'a plus donné signe de vie...». «Et une fois de retour, poursuit-il, nous les avons convoqués pour les traduire en conseil de discipline, mais cette convocation a été catégoriquement rejetée». «Il y a eu infraction caractérisée au règlement intérieur. Mesures prises contre eux, traduction en conseil de discipline. Et là, ils ont dit non. Nous sommes au-dessus de cette réglementation, au-dessus de cette notion de discipline. D'ailleurs ces personnes ont un passé disciplinaire pas du tout reluisant». Ainsi, les 530 travailleurs qui ont refusé la machination de ces «indisciplinés» ont procédé à la création d'une nouvelle union locale, légalement élue en présence d'un huissier de justice. D'autant plus que le nouveau secrétaire général de cette union, en l'occurrence M.Fateh Fetnassi, a été plébiscité par l'ensemble du personnel de l'hôtel El Djazaïr. Suite à quoi, ces cinq personnes sont allées se plaindre auprès de l'Union générale des travailleurs algériens (Ugta), tout «en déclarant que l'établissement n'arrivait pas à atteindre le chiffre d'affaires de 400 millions de dinars et que toutes les fins de mois la direction générale se voit dans la nécessité de négocier les salaires des employés». L'Ugta a accepté de prendre en main la cause de ces travailleurs, tout en refusant de reconnaître la nouvelle union locale «pourtant élue par la totalité écrasante des employés de l'hôtel». L'affaire se poursuit jusqu'à atterrir sur le bureau de M.Bouzidi, secrétaire national chargé des conflits sociaux. Ce dernier a alors sommé la direction générale d'El Djazaïr de «mettre un terme aux abus et aux dépassements que vivent les travailleurs de cet hôtel». D'ailleurs, le 7 juin dernier, la Fédération du tourisme affiliée à l'Ugta, a organisé une assemblée générale où toutes les sections syndicales étaient conviées hormis le nouveau syndicat des travailleurs d'El Djazaïr, sous prétexte qu'il n'est pas reconnu par l'Ugta. Et pourtant, dira le directeur dudit l'hôtel, «le CPA est disposé à nous faire une lettre que notre établissement réalise un chiffre d'affaires de 710 millions de dinars, et que nos employés sont payés à temps». Mieux : «Où avez-vous vu une entreprise déficitaire qui se permet de donner une prime à ses travailleurs? Nos travailleurs, à la veille de l'Aïd El Adha, ont bénéficié d'une prime de 10.000 DA chacun». D'autre part, la direction générale a créé un centre médico-social pour les travailleurs. M.Hamamouche affirme avoir des preuves irrécusables pour répondre à toutes les accusations et les allégations qui ont été diligentées contre lui. «Toutes ces allégations ne sont qu'une machination, une cabale créée par des gens qui ne veulent pas que l'hôtel fonctionne normalement.» Ainsi, au moment où l'Algérie se dirige vers l'ouverture du marché aux investisseurs, au moment où le secteur du tourisme est appelé à se rafraîchir pour contribuer à la relance économique du pays, la réputation des établissements hôteliers se voit menacée. Est-ce de cette façon qu'on aspire à inviter les investisseurs étrangers à s'impliquer dans le développement du tourisme en Algérie?