Il est bien loin le temps de l'exultation et de la liesse. Les médailles en bronze de Zaoui et Moussa à Los Angeles annonçaient l'irruption de l'Algérie dans le gotha sportif mondial, une irruption, confortée quelques éditions plus tard, par les exploits de Morceli, Boulmerka, Brahmi et autre Benida Merrah. Mais au lieu de persévérance, nous nous avons dormi sur nos lauriers ne voyant rien venir dans le rétroviseur. Nous sommes revenus au temps des vaches maigres, celui de la disette. Le refrain est devenu pathétique et la nostalgie s'est bien installée. «Elmouhim el-moucharaka» revient en vogue pour masquer les imperfections et les incohérences de notre politique sportive. On ne produit plus de champions, les podiums sont pour les autres. L'édition d'Athènes a prouvé aux crédules que nous sommes, que nos sportifs sont de seconde zone, qu'ils ne peuvent rivaliser avec les grands de ce monde. Leur souci est devenu une simple figuration et leurs exploits s'arrêtent devant les starting-blocks. L'Algérie est revenue de la terre d'Olympie avec zéro médaille dans les bagages. Les responsables de cette débâcle devraient rendre des comptes car au moment où les athlètes des autres pays préparaient les jeux, les nôtres se limitaient à faire du shopping ou du lèche-vitrine à l'étranger. Comment justifier un tel gâchis? Nos athlètes ont été qualifiés grâce aux minima B, une concession faite par le CIO aux délégations des pays non estampillés de l'étiquette de nation sportive. Il fallait accepter cette sentence et cette classification, car en voulant lorgner du côté des grands on a perdu même le sens de la réalité, celle qui nous affuble du statut de simples figurants tout juste bons à garnir les pistes. Nos sportifs ont échoué, les responsables des fédérations de même. Ils ont tous failli à leur mission. Que d'argent public perdu et de désillusions cultivées. Les jeux Panarabes arrivent et avec eux naissent les appréhensions d'une autre débâcle, d'une autre reculade de notre mouvement sportif national. Quel dommage!