L'éradication des marchés informels est déjà opérationnelle. Elle concerne 96 marchés sédentarisés à travers la wilaya auxquels il faut ajouter 7 097 intervenants informels. Des chiffres qui laissent planer des interrogations. Pour le directeur du commerce de la wilaya d'Alger, les deux facteurs essentiels à l'origine de ce phénomène sont, d'une part, le manque de contrôle des pouvoirs publics, préoccupés durant la décennie noire par la situation sécuritaire du pays et, d'autre part, l'absence de planification des autorités locales quant à la réalisation de nouveaux marchés. La nature ayant horreur du vide, tous les espaces libres, et où qu'ils se trouvent, sont occupés et transformés, par la force des choses, en marchés informels. Seulement, avec le temps, tout le monde s'est rendu compte de l'anarchie et surtout des désagréments causés à la population. Toutefois, en faisant la part des choses, l'on ne peut que se rendre à l'évidence, ces marchés informels n'ont pas qu'un aspect négatif. Pour preuve, la majorité des citoyens s'y approvisionnent, même s'il faut reconnaître au passage que les règles régissant la voie publique sont bafouées. Partant de là, et dans le souci de préserver le gagne-pain de ces petits commerçants, les services concernés s'attellent à trouver des solutions avantageant les parties intéressées en réorganisant les marchés. “Dans une première phase, il s'agit de faire un recensement. Pour le moment il existe à Alger 96 marchés informels et 7 097 intervenants qui ne sont autres que des commerçants exerçant légalement, mais qui exposent de manière informelle leur marchandise sur la voie publique. Ce phénomène se développe de plus en plus”, explique M. Youcef Lamari. Parallèlement, la wilaya compte 67 marchés couverts à travers 41 communes. Pour pallier ce manque, la direction du commerce va pouvoir doter de marchés de proximité les 16 communes dépourvues, inscrites sur le budget prévisionnel (BP) et le budget supplémentaire (BS) 2004. Ces marchés concernent les communes de Bouzaréah (en cours), Draria, Douéra, Bordj El-Kiffan, Heraoua, Rahmania, Ouled Fayet, Tessala El-Merdja, Birtouta, Kouba, Hammamet et Bordj El-Bahri, dont les projets sont soumis à l'approbation de la CAUA. Le marché de Souidania est en cours de réalisation alors que ceux d'El-Madania, El-Mouradia et Bachdjarah sont actuellement en réaménagement. Quatre autres communes sont inscrites sur le budget 2005 pour la réalisation de marchés communaux, à savoir Beni Messous, Baba Hassen, El-Marsa et Aïn Taya (réhabilitation du marché incendié en 1997). Lutte contre l'économie informelle “Dès que la réorganisation des marchés sera une réalité, nous passerons à la vitesse supérieure. Toute occupation d'espace, non autorisée par qui de droit, sera sévèrement sanctionnée. Notre objectif est de rendre à certains lieux leur vocation comme c'est le cas de la rue Ferhat Boussaâd (ex-Meissonier), la rue Bichat et bien d'autres endroits actuellement occupés par les marchés informels”, déclare notre interlocuteur qui précise que la lutte contre l'économie informelle est une action imminente. Cependant, il ne manque pas de rappeler que des listes seront, après recensement, établies et que les prioritaires à bénéficier d'étals seront les citoyens de la commune. 90% des commerçants versés dans l'activité informelle sont issus de la commune. Sur les 10% restants, il y a lieu d'inclure ceux qui viennent d'autres communes, d'autres wilayas et même des étrangers (Africains, Asiatiques). Ces derniers ne sont pas pris en charge dans le cadre de la réorganisation. Des cahiers des charges ont été conçus et soumis à la commune. Le directeur du commerce parle de quatre marchés modèles de proximité qui seront lancés prochainement. Confiés à une Epic de la wilaya, ils seront prêts dans quelques jours. Deux seront implantés à la Casbah, spécialisés dans l'habillement et la chaussure, les deux autres à Bab Ezzouar (cité El-Djorf et 2068 Logements). Les commerçants ne seront que locataires, puisque les étals sont propriété de la commune, précise-t-on. Il faut savoir aussi que beaucoup de commerçants demandeurs d'étal ont une activité parallèle, comme le montre l'exemple de la Casbah où suite au contrôle effectué par les services compétents, 82 cas ont été enregistrés. Voulant se mettre au diapason des pays maîtrisant ce volet, la direction du commerce entreprend de créer des marchés spécialisés, dits de gros, à Gué de Constantine (alimentaire) et El-Harrach qui comprendra toutes les commodités. Le choix de ces communes est avantageux grâce à leur proximité de l'aéroport, du port et des grands axes routiers. M. Lamari rappelle la décision prise par le wali d'Alger d'intégrer les marchés de proximité comme un service basique. Pour les communes ne disposant pas d'espace, il est prévu des marchés parisiens (marchés qui ouvrent le matin jusqu'à midi) réglementés, ce projet est en phase de réflexion. L'idée de redynamiser les marchés hebdomadaires, pour les communes extra-muros, revient sur le tapis tout autant que l'organisation de quinzaines commerciales. A. F.