Nicolas Sarkozy annonce sa candidature à l'Elysée aujourd'hui tandis que sa rivale socialiste, Mme Royal, lorgne les lobbys juifs (en France) en se rendant en Israël dimanche. Sarkozy veut ainsi coiffer au poteau les derniers chiraquiens qui eux estiment qu'il est trop tôt pour annoncer le candidat de l'UMP. Mais la course est apparemment inégale entre les sarkozistes et leur camp adverse. Certains dans le carré — de plus en plus réduit — des chiraquiens en sont venus à fantasmer sur la candidature de Jacques Chirac qui a fêté ses 74 ans lors du sommet de l'OTAN à Riga (Estonie). Les ruades de Michelle Alliot Marie, la ministre française de la Défense, chiraquienne de la première heure et dirigeante du parti de la droite avant Sarkozy, ne constituent en réalité que des rappels à l'ordre pour le ministre de l'Intérieur candidat, pour qu'il n'oublie pas que pour gagner il doit composer avec toutes les sensibilités de la droite. Donc, tenir compte des chiraquiens qui ne sont pas nombreux mais possèdent de grandes capacités de nuisance. La leçon sera-t-elle retenue par Sarkozy qui a pris soin de mettre dans sa poche la presse française, y compris les people's ? Il reste qu'il devait accompagner l'annonce de sa candidature sur la chaîne publique A2 par les thèmes estimés par lui décisifs pour les présidentielles : sécurité et immigration. Est-ce le reflet de l'état de la société française qui aurait dérivé vers le racisme et la xénophobie ou une manœuvre électorale pour chasser sur les terres de l'extrême droite où le lepénisme est crédité d'un électorat représentant 17% des voix ? Toujours est-il que Sarkozy ne s'est pas empêché d'exceller dans son rôle de premier flic en n'arrêtant pas de vilipender l'émigration et ses enfants pourtant français. Sarkozy, qui avait réuni auparavant les 397 parlementaires de l'UMP à la place Beauvau, au siège de son ministère, a promis des surprises lors de l'annonce de sa candidature. Sarkozy a annoncé le mot d'ordre de sa campagne “Unité, nouveauté et modernité”, tout en exigeant de sa famille politique l'arrêt de ses divisions, relevant qu'au parti socialiste tout le monde s'est mis derrière Ségolène Royal. “Je ne demande à personne de renoncer à son particularisme au sein de la droite mais de se tourner vers l'avenir”, a également précisé Sarkozy dans une allusion à peine voilée à la ministre de la Défense, au Premier ministre de Villepin ou au président de l'Assemblée nationale. La candidate du parti socialiste à la présidentielle française, Ségolène Royal, va, de son côté, effectuer une visite en Israël à partir de dimanche où elle aura des entretiens avec Olmert et sa ministres des Affaires étrangères, Tzipi Livni. La première visite à l'étranger de la candidate du parti socialiste depuis qu'elle a obtenu l'investiture du parti socialiste, le 16 novembre, est considérée comme une opération de marketing en direction des lobbys juifs en France. Selon deux quotidiens israéliens, le Yédiot Aharonot et le Maariv, Ségolène Royal doit également se rendre en Cisjordanie pour rencontrer à Ramallah le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et avant d'arriver en Israël, elle doit se rendre au Liban. L'entourage de Mme Royal avait indiqué que la candidate du PS envisageait de se rendre rapidement au Proche-Orient et dans les principales capitales européennes. D. B.