«Albert Camus, citoyen du monde !» l C'est le nom de la série de manifestations commémoratives organisées à Aix-en-Provence à l'occasion du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain Albert Camus, à Mondovi (Dréan) en Algérie. le 7 novembre 1913. Lyon / De notre correspondant
Prévue pour s'inscrire dans le cadre de Marseille-Provence 2013, capitale européenne de la culture, l'exposition «Camus» avait fait couler beaucoup d'encre. Son montage avait rencontré moult difficultés depuis 2011. D'abord, parce que le nom de l'historien Benjamin Stora, comme commissaire, avait été retoqué par le maire d'Aix, Mme Jossains, à l'idéologie proche des nostalgiques de l'Algérie française. Elle lui préférait Michel Onfray, plus éloigné évidemment de l'Algérie, auteur de L'ordre libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus chez Flammarion. Il renonça en septembre 2012. C'est finalement le centre de documentation Albert Camus qui releva le défi, malgré le temps limité de préparation. Créé à Aix en 2000 par la bibliothèque Méjanes, en liaison avec Catherine Camus, fille du prix Nobel 1957, ce centre regroupe les archives de l'auteur de L'Etranger. Ce sera le grand événement du centenaire de l'écrivain en France. Ouverte le 5 octobre, la présentation restera visible gratuitement jusqu'au 5 janvier 2014 dans la splendide Cité du livre d'Aix-en-Provence. Quatre universitaires spécialistes de Camus ont concouru à la pertinence de l'exposition : Marie-Sophie Doudet, maître de conférences en littérature française à l'Institut d'études politiques d'Aix, Pierre-Louis Rey, professeur émérite à la Sorbonne nouvelle, Agnès Spiquel, professeure à l'université de Valenciennes et du Hainaut-Cambrésis, Maurice Weyembergh, qui a été vice-président de la Société des études camusiennes jusqu'en 2009. D'autre part, un scénographe, artiste spécialiste des arts numériques, Yacine Aït Kaci, y a participé. La responsable du Centre de documentation Camus, Marcelle Mahasela, a coordonné l'équipe. Pour Agnès Spiquel, qui s'exprime dans le dossier de presse, l'expression «citoyen du monde» «a un sens politique, qui résonne particulièrement aujourd'hui. C'est aussi le monde en tant que cosmos, dans le sens très vaste, c'est-à-dire tout ce qui nous entoure. C'est aussi bien son rapport à l'autre que son rapport à la nature. Camus reste plus que jamais une pensée incarnée. Ce n'est pas que politique». A propos de la scénographie, Yacine Aït Kaci explique : «la série de procédés utilisés, notamment ces lettres qui dansent et qui forment des mots, puis des phrases, n'ont qu'un but : faire perdre au public un certain nombre de repères et lui permettre de s'immerger complètement dans la pensée de Camus». Selon la responsable du Fonds Camus, «le regard de Camus n'est pas figé. C'est une pensée en action qui nous aide à grandir, à progresser. Il aurait été dommage de la limiter à une période ou à une personne». «Albert Camus, citoyen du monde !» n'est pas une exposition traditionnelle, c'est un parcours scénographique conçu comme une traversée sensible de la pensée de Camus. Cette expérience proposée au visiteur le fera osciller en permanence entre, d'une part, la découverte ou la redécouverte des textes originaux, des archives, toute la richesse du Fonds Camus, et d'autre part une immersion audiovisuelle multimédia poétique et artistique dans une mise en scène de la pensée, des mots et des sensations de Camus», annoncent ses concepteurs. Plusieurs événements en marge de l'exposition permettront de le vérifier. * Pour ceux qui peuvent capter la chaîne de télévision publique France 5, une émission est programmée en direct d'Aix-en-Provence, jeudi 7 novembre, lors d'une «Grande librairie spécial Camus», à 20h30.