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Brel n'aurait pas apprécié…
Périple entre la Flandre et la Wallonie
Publié dans El Watan le 25 - 05 - 2008

Vendredi, gare du Midi à Bruxelles. Amine, enfourchant un vélo acheté en solde près de la Bourse de la capitale belge, se targue de pouvoir se pavaner entre la Flandre et la Wallonie sans se le faire chiper. Grand vantard qu'il est…
Bruxelles (Belgique) : De notre envoyé spécial
Il pleut sur Bruxelles, comme si le pays d'Albert II n'a jamais cessé de pleurer Brel, l'homme qui ne voulait pas qu'on le quitte de son vivant. Dans le quartier Annessens, en plein cœur de la capitale, on est sûr d'entendre huit mots d'arabe sur dix. Rare où un mot en allemand, en néerlandais ou en français est prononcé. C'est le quartier arabe à forte concentration marocaine. On y trouve des restaurants, des cafétérias, des hôtels, des commerces d'alimentation générale, des kiosques multiservices, une mosquée...Plus loin, la gare du Midi où les trams qui font office de métro aussi, et les bus desservent tous les coins de la ville. Sur les lieux, on peut prendre également le Thalys (destinations européennes). Une gare ressemblant à un aéroport digne de ce nom. On peut s'y perdre facilement, malgré les indications. Il est vrai que la disponibilité souriante belge aide beaucoup. Dans ce magma de va-et-vient, alors qu'on attendait le tram pour aller à la Grande Place, lieu à visiter inévitablement sous peine de titiller la fierté des Bruxellois, un jeune frisant la trentaine, enfourchant un vélo neuf s'immobilise à notre niveau et de dire en arabe : « Vous êtes Algérien ? Ne posez pas de question, je vous ai entendu parler ». Amine est de Hennaya, à 10 km de Tlemcen. Installé à Paris depuis trois ans et se sentant menacé d'expulsion, il a changé de cap pour tenter de trouver refuge en Belgique. « Paris, et la France en général, sont devenus invivables pour moi. Sans papiers, donc sans travail, on m'a conseillé Bruxelles. Cela fait trois mois que je suis ici. » Tout irait pour le mieux pour Amine, surtout qu'il donne l'impression de vivre en paix, avec son vélo et ses vêtements griffés. « Ne vous fiez pas aux apparences, le vélo et les vêtements, c'est juste pour faire diversion, parce qu'on pourrait mal imaginer un clandestin se promener en bicyclette narguant les policiers. Il y a des sans-papiers qui se baladent avec des chiens ou fumant le cigare. Tout cela n'est que stratagème. » D'après Amine, qui était venu à Paris avec un visa d'un mois, la Belgique n'est pas non plus un paradis, mais c'est moins risqué. « Ici, on ne sent pas vraiment le racisme, en tout cas, les Belges ne l'expriment pas ouvertement. Mais, leur quasi indifférence à notre encontre signifie bien quelque chose ». Et de quoi vit-il ? « Il existe mille et une manières de gagner des euros ». Taisant l'origine de ses ressources, Amine nous propose même un café à 1 euro 20. « Ce n'est pas un ou deux euros qui m'appauvriront », dit-il avec un grand éclat de rire. « Le seul souci, c'est mes parents que je n'ai pas vus depuis longtemps. Et ce qui me martyrise le plus, c'est de devoir leur mentir pour ne pas les inquiéter. Allez, oublions-moi et allons prendre ce café », insista-t-il. Ce que déplore aussi Amine, c'est l'absence d'une diaspora algérienne, à l'image des Marocains très présents à Bruxelles. « Même les mosquées ont des imams marocains. » La pluie continuait de s'abattre sur Bruxelles. Un vent incisif balaie les visages rosis de froid des Bruxellois. Ou peut-être qu'ils sont rosis de nature…Le ciel s'assombrit et les reflets des enseignes lumineuses nous aveuglent sur l'asphalte. « Boulevard Anspach Laan, s'il vous plaît, c'est pour trouver un hôtel ! » Notre interlocuteur articula, mi-flamant, mi-français. « Ici, vous ne risquez pas de vous perdre, prenez tout droit. Et même lorsque vous voyez écrit Beurs Bourse, continuez toujours tout droit. » Marchons sous la pluie, tant qu'à faire. Et puis, qu'importe les boulevards, tous les hôtels ont des lits. Ce qui est étonnant chez les Belges, le conflit politico-culturel entre Flamants et Wallons rapporté par les médias ne paraît pas à la une dans la rue. Pour Myriam Plancq, magistrate : « Vous savez, je pense que ce qui nous inquiète le plus aujourd'hui, c'est le terrorisme. Et ce fléau met sur la même longueur d'ondes tous les Belges de quelque région qu'ils soient. C'est vrai que le thème sur la division de la Belgique est d'actualité, surtout avec certains extrémistes et des politicards, mais la Belgique ne sera pas l'ex-Yougoslavie. » Raisonnement crédible : en novembre dernier, près de 35 000 francophones, mais aussi néerlandophones avaient pris part, dans les rues de Bruxelles, à une marche pacifique en faveur de l'union du pays. Et la pétition signée par 140 000 personnes avait été remise au président du sénat Armant De Decker au terme de la manifestation. En passant par la Bourse, en ce début de soirée, un sit-in était organisé par des Palestiniens : « C'est pour dénoncer les atrocités que font subir les sionistes aux habitants de Ghaza », nous expliqua Imad, un emblème palestinien à la main. Mais, paraît-il, c'est tous les vendredis comme ça… Le lendemain, retour à Lille. Et, entrer à Bruxelles n'est pas comme en sortir. A la gare du Midi, nous devions prendre le Thalys dont le terminus est Londres. C'est peut-être pour cette raison que nous avions dû passer par trois écueils policiers. Et dire qu'on était dans l'espace Schengen. « Vous avez visité quoi à Bruxelles ? Vous avez parlé avec qui ? Pourquoi vous êtes venu en Belgique ? » Le policier nous interrogeait tout en contrôlant minutieusement notre passeport. Et ce n'était pas fini, au troisième barrage à l'intérieur de la gare, on nous prit, un compatriote et moi, carrément notre passeport tout en nous demandant de patienter. Au bout de dix minutes, on nous le rendit avec des excuses et le sourire. Et si le TGV s'était ébranlé ? Brel, le pleureur, n'aurait certainement pas apprécié ! Fichtre, tout cela pour le chocolat de la Grande Place…


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