Les ex-paramilitaires en Colombie ont avoué avoir commis plus de 30 000 assassinats entre le milieu des années 1980 et 2003, a annoncé, hier, le parquet colombien s'appuyant sur des témoignages devant la justice d'anciens membres de ces milices. 4 112 anciens membres des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, extrême droite) ont avoué 30 470 assassinats. Dans un précédent rapport, publié en juillet, le parquet faisait état de 21 000 homicides avoués. Parmi les crimes avoués, le parquet fait aussi état de 1 085 massacres, 2 520 disparitions et 1 033 enlèvements. Les confessions sur ces crimes ont été obtenues dans le cadre d'une loi controversée, dite «Justice et paix» (2005), qui garantit des peines ne dépassant pas huit ans pour les anciens membres des milices avouant leurs crimes - même lorsqu'ils relèvent de crimes contre l'humanité - et qui acceptent de réparer les torts causés. C'est grâce à cette mesure d'amnistie partielle qu'environ 32 000 paramilitaires appartenant aux AUC ont pu être démobilisés, selon le gouvernement. Au fil des ans, les milices paramilitaires créées pour défendre les propriétaires terriens contre les guérillas d'extrême gauche auraient contrôlé, par la terreur, des pans entiers du territoire colombien, parfois au service du trafic de drogue, sans être inquiétés par les responsables politiques et de membres de l'armée.