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La France et le Qatar font monter les enchères sur l'Algérie
La Tunisie avoue un accord secret avec le CNT
Publié dans La Tribune le 08 - 09 - 2011

Le doute n'habite pas la tête du représentant du CNT à Londres. Du haut des bombardiers de l'Otan qui lui ont ouvert la route de Tripoli et à ses rebelles de Nefoussa et islamistes de Benghazi il assène que «c'est l'Algérie qui a intérêt à reconnaître le CNT». Vous comprenez très bien sans recours excessif à l'analyse qu'une suite non dite mais toute aussi explicite complète le propos : «Sinon, elle va le payer…».Au cas où le métalangage vous est obscur, il énonce la seule condition possible qui nous sauverait de la sanction : «Le gouvernement algérien doit présenter ses excuses au peuple libyen». Une déclaration hostile pouvait passer pour un dérapage du langage, une deuxième - à fortiori, celle d'un chef militaire de Tripoli «libérée» - avait de quoi inquiéter. Bien sûr nous savions déjà quel rôle avaient joué les forces spéciales françaises, anglaises et qataries au sol et les avions et hélicos anglais et français dans les airs dans cette victoire. L'incroyable tonnage de bombes et de missiles déversés sur un petit pays, sur une petite surface - moins de dix petites villes ou gros villages du littoral - nous renseignaient assez que les supplétifs de Benghazi n'avaient qu'à avancer et parader sur les cadavres et les ruines et n'avaient qu'à appeler les hélicos quand ils entraient en contact avec les rescapés de l'armée légale de Libye qui n'a quand même pas cédé sur le plan moral ni massivement déserté. Il était clair dès lors que ces supplétifs ne pouvaient être en mesure de menacer l'Algérie, eux qui avaient tant peiné à suivre les routes ouvertes devant par l'Otan et qui n'ont pénétré dans Tripoli que par la trahison obtenue par les services secrets franco-britannique (tiens, comme pour Saddam Hussein à Baghdad et comme cela se passera dans le futur champ de bataille programmé par les Etats-Unis et traité par leurs satellites français et anglais). Il ne restait que l'hypothèse que la créature française parlait pour la France et exécutait un numéro conçu ailleurs mais essentiellement à Paris. On a vite compris que le roquet se gonflait de l'importance de son maître et que son maître nous avertissait que son chien suffirait pour amener l'Etat algérien à une plus grande souplesse de l'échine et à une plus grande soumission aux désirs de Paris, d'autant qu'on nous a fait savoir publiquement que le président français voulait ses cinquante milliards de dollars sur les cent quatre vingt que le gouvernement algérien a retenu pour son plan de relance économique. Il a fallu quand même qu'Alain Juppé se mette de la partie pour donner de la consistance à ces menaces. En rendant publique un entretien que le président algérien lui a accordé, il a réalisé deux choses. Il a redit son mépris pour ses interlocuteurs algériens en rendant publiques des explications que notre ministre des Affaires étrangères n'avait pas à lui donner à propos des accusation des supplétifs de Benghazi sur une implication algérienne dans le convoyage de supposés mercenaires. Il veut ensuite dévaloriser ses vis-à-vis en suggérant que face à face ils n'en mènent pas large devant lui et tiennent un langage moins ferme qu'en public. Il veut comme l'a fait Coni Rice avant lui, nous dire que nos dirigeants tiennent un double langage.Notez que lors de cette épisode, la presse néo coloniale d'Alger avait sommé notre gouvernement de s'expliquer en parfaite symbiose avec les insurgés de l'Otan et notez aussi que cette symbiose ne s'est pas démentie une seconde malgré les informations surabondantes sur le parcours et sur les convictions islamistes de ce CNT.Relisez cette partie de la dépêche dans laquelle, ce ministre français va au bout de sa morgue et de sa suffisance de supposé vainqueur d'une guerre de Libye qui a mobilisé vingt six grand pays et les flottes aériennes les plus importantes du monde pour vaincre un petit pays et réduire une armée qui les fait sourire de condescendance. Relisez : «Mais le ministre français des Affaires étrangères a franchi, ce jeudi 1er septembre, une nouvelle étape. Interrogé sur le soutien présumé de l'Algérie au régime de Kadhafi, il a déclaré sur la radio RTL : ‘‘Je suis allé moi?même en parler au président Bouteflika qui m'avait assuré que l'Algérie ne donnait à la Libye qu'une aide humanitaire''». Avant de préciser : «J'espère que cela se vérifiera.» La réalité est quelle que soit les vrais propos de notre président, ce ministre des Affaires étrangères n'a aucun sens de l'honneur. Et ce n'est pas une question morale ni même une question de revanche pour un monsieur qui s'attendait à faire main basse sur l'Algérie en 1994 déjà. C'est le seul recours politiques de puissances en déclin : la menace et l'abus de la supériorité militaire. Juppé peut toujours suspendre l'épée de Damoclès sur nos dirigeants en promettant de vérifier. La réalité politique est que ses roquets n'ont pas suffi à effrayer et il est obligé de monter au créneau.La présence de l'Algérie à la Conférence du partage du gâteau libyen à Paris a renforcé ce sentiment des puissances de l'Otan que le gouvernement algérien est arrivé au bout des capacités de résistances. Cela explique peut être que de Londres, le représentant du CNT exige des excuses et fait monter la pression sur nous. Nous nous demandions mais qu'est-ce qui donne tant d'assurance à ces supplétifs et pourquoi parlent-ils comme s'ils avaient déjà de quoi agir ? Une partie de la réponse nous est venue de Tunisie. Lisez plutôt ce morceau d'anthologie de la diplomatie secrète et du complot n'en déplaise à notre presse néocoloniale «www.leaders.com» : «Libye : Tout n'a pas été encore révélé sur nos véritables relations avec le Conseil National de Transition. Nous l'avons reconnu dès le premier jour et c'est à sa demande pressante que nous ne l'avons pas annoncé afin de préserver certaines marges de manœuvres. Aucun effort n'a été épargné pour venir en aide à nos frères et nous acquitter du devoir de solidarité agissante, gouvernement et population, dans un magnifique élan de fraternité qui a ébloui le monde et conquis tous les Libyens. C'est là notre devoir, sans attendre quoi que ce soit. Je ne peux qu'être sidéré lorsque j'entends une jeune journaliste répliquer à un frère libyen qui loue l'attitude de la Tunisie lui rétorquer que la reconnaissance officielle du CNT a été tardive… Qu'en sait-elle au fait ? Ou encore, lorsqu'un autre journalise demander où est notre part du gâteau ! De quel gâteau parle-t-il et de quelle part ? Ils n'ont rien compris.»Quand Caïd Essebsi a passé cet accord secret ? Quand la France lui a refilé un prêt de 300 millions d'euros avec cette remarque perfide d'Alain Juppé que l'Algérie avait manqué de générosité avec 100 millions de dollars de prêt sans intérêt ? Mais on comprend mieux comment des blindés légers ont été «parachutés» sur le Djebel Nefoussa et comment les forces spéciales qataries et françaises ont pu faire un si intense travail à partir des frontières tunisiennes. Si on remet en place les informations les plus importantes de ces trois derniers mois, nous avons beaucoup d'éléments inquiétants. Contre toute logique géographique, le conseil de coordination du Golfe a intégré le Maroc. Cela veut dire tout de suite que la question du financement de l'armement de notre voisin et néanmoins adversaire résolu est résolue. Au cours de sa dernière visite au Maroc, le ministre qatari des Affaires étrangères a rendu explicite le contenu de l'intégration du Maroc dans le Conseil du Golfe. Le Qatar s'opposera de toutes ses forces à toute menace sur l'intégrité territoriale du Maroc - Tindouf et Béchar, compris ? Il faut espérer que ce petit pays du Qatar est désormais pris au sérieux maintenant qu'on sait ses accords secrets avec Israël, avec la France et sa détermination à engager son argent et ses troupes sur des théâtres d'opération bien loin de son désert. Le rôle du Qatar en Libye et ses accords secrets avec Israël enfin connus viennent ajouter du sens et de la crédibilité à l'accord obtenu par BHL pour l'installation d'une base israélienne à nos frontières. Le succès américain serait immense. Les Etats-Unis auront trouvé la base de leur Africom en la faisant sous-traiter par la Libye «nouvelle» et par Israël. Les aveux d'un accord secret entre Tunis e Benghazi veut surtout dire un accord contre l'Algérie et la volonté de lui cacher une information capitale sur ce qui se trame à ses frontières immédiates.La sortie de Caïd Essebsi n'est pas anodine. Elle ajoute à la pression et à l'intimidation d'Alger désormais encerclé à l'Est, à l'Ouest, au Sud par la présence française en Mauritanie et miné de l'intérieur par une alliance laïco-islamiste inédite et inattendue pour la reconnaissance du CNT libyen. Les câbles Wikileaks nous avaient averti que laïcs et islamistes rivalisaient d'ardeur auprès de l'ambassade américaine. Nous n'avions pas compris que l'ambassade américaine les avaient enfin convaincu que leurs habits différents ne devaient pas leur cacher leur commun intérêt et leur commune vocation : travailler à la casse de l'Etat national «dictatorial par nature et par vocation» et agir pour le triomphe du libre échange. La démocratie qui nous a mené les «démocrates» à refuser les urnes en 1992, les amènera à embrasser les élus de 1992. Le secret nous est livré une fois de plus par la France.Lisez un commentaire d'un article et le titre d'une dépêche : «Daniel 59 le 04/09/2011 à 09:51. Et pourquoi... nous n'aurions pas droit à une part du gâteau ? Nous avons contribué à la protection des populations libyennes et à l'initiative de notre président alors je ne serais pas du tout gêné que la France obtienne quelques avantages du nouveau gouvernement libyen, après tout nous avons pris des risques également... («www.lepoint.fr». N'est-ce pas touchant ce triomphe de la morale que pour gagner gros il faut risquer gros car c'est vraiment le gros lot : «Le marché de la reconstruction de la Libye est évalué à 200 milliards de dollars, estime le patronat français, qui
espère une place de choix pour les entreprises françaises dans ce vaste chantier. (www.lexpansion.lexpress.fr) Ne croyez pas que ces propos sont le fait de gens sordides de l'industrie ou ceux du petit peuple. Au plus haut niveau on justifie : «Le peuple libyen sait ce qu'il doit à la France». Etre français doit constituer un avantage psychologique en Libye, selon la mise au point sans complexe faite par le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur Pierre Lellouche : «Le président de la République a pris des risques politiques et militaires, tout ça crée un climat où les responsables libyens, le peuple libyen, savent ce qu'ils doivent à la France». Et d'ajouter : «On ne va pas rougir de faire bénéficier nos entreprises de cet avantage .»Le miracle de marier dans un même élan démocratique laïc et islamiste purs et durs tient à ce chiffre. Deux cent milliards de dollars rien que pour la France. Imaginez ce que peuvent ramasser les compradores du CNT.
M. B.


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