Les combines de la sous-traitance des marchés ont considérablement affecté l'économie algérienne. En l'absence de mesures ou d'organisme de régulation et de contrôle, la sous-traitance est devenue donc un procédé frauduleux tout juste à se faire de l'argent sur le dos de l'Etat. Mais pas pour longtemps ! En effet, le ministre Mustapha Benbada a annoncé hier la création prochaine d'un Centre National de Développement de l'activité de sous-traitance. Ce dit centre, censé faire barrage à ces fraudes multiformes de la sous-traitance, sera doté d'un budget annuel de 250 millions de DA. Naguère, La sous-traitance à «l'algérienne» consiste à transformer frauduleusement les avantages accordés en gré à gré par l'Etat en plus-values financières à travers une succession de montages habilement construits. Comme le dit ironiquement un entrepreneur, «on mange les sardines et on jette les têtes par la fenêtre». «Les grandes entreprises acquièrent des projets, soutenus par le Trésor public, pour les céder par la suite, à d'autres entreprises, tout en gardant les privilèges. «C'est un non sens à corriger et plus rapidement». Comme l'atteste les épisodes rocambolesques du feuilleton Orascom, l'Etat algérien devrait agir et vite. Pour ne plus répéter l'épisode de Lafarge et de l'usine d'engrais d'Arzew Les failles juridico-légales et un certain amateurisme des pouvoirs publics ont fait qu'Orascom a fait des transactions en cédant les cimenteries publiques au français Lafarge, récoltant d'importantes plus-values, sans le moindre effort. Là où le bât blesse, avec l'argent de Lafarge, l'OCI (Orascom Construction Industries) achète des usines d'engrais à Dubaï et en Egypte et acquiert un statut d'industriel dans le secteur des engrais. En outre, Orascom a obtenu de l'ANDI et de l'Etat des avantages exceptionnels avec le projet d'engrais d'Arzew. Rappelons que cette usine en construction à Arzew est contrôlée à 51% par Orascom alors que l'Etat à travers ses Banques publiques et Sonatrach a financé 85% du projet! Orascom n'a fait que sous-traiter les travaux de l'usine à une entreprise allemande, en encaissant les avantages, une nouvelle fois. Une autre usine d'engrais, aussi en construction à Arzew, a été également attribuée en gré à gré à la société privée omanaise (Oman) Bahwan dans des conditions similaires. Le CPA, la BEA, la BNA, la BDL et la CNEP ont été instruits en haut lieu pour financer ces 2 projets à hauteur de 75% du coût global, apprend-on. Mustapha Benbada reste ferme ! Le ministre de la Petite et moyenne entreprise et de l'artisanat est ferme. Il a déclaré, lors de l'inauguration de la première édition du salon de la sous-traitance «Algérie sous-traitance» (ALGEST'2010), qu'une fois créé, le centre «sera un outil d'organisation, de gestion, de mise en contact et de programmation des opérations de sous-traitance». D'après le ministre, «un groupe de travail a été installé et des contacts ont été noués avec les grandes entreprises du secteur des travaux publics, du bâtiment, du rail et des entreprises de l'industrie militaire». Ce groupe a pour mission de «structurer notre approche, constituer nos fichiers, valoriser la profession et tracer une politique active de la promotion de la sous-traitance», a-t-il ajouté. Le potentiel industriel algérien «doit aujourd'hui se manifester afin de gagner en notoriété et en compétitivité», a indiqué le ministre, affirmant que son département a pour objectif de structurer l'activité de sous-traitance en Algérie et de l'adosser à des opérations durables de transfert de technologie et de savoir-faire. «Il faut que les opérations de sous-traitance obéissent à des règles, aboutissent à des partenariats durables et à un transfert réel de technologie ainsi qu'à une consolidation de la compétitivité de l'entreprise locale», a-t-il soutenu.