Il assumera sa tâche jusqu'à la tenue de l'AG ordinaire de la FAF en novembre prochain. C'est officiel. Mohamed Raouraoua ne sera pas candidat à sa propre réélection lors de l'assemblée générale élective de la FAF qui aura lieu à la fin du mois de novembre prochain. C'est lui-même qui l'a annoncé par le biais d'un communiqué diffusé, jeudi, sur le site Internet de l'instance fédérale. Dans le document, il indique vouloir mettre fin aux spéculations entourant cette élection en annonçant qu'il ne se représentera pas et qu'il assumera sa mission jusqu'à la tenue de l'AG ordinaire, prévue également en novembre, et dans laquelle il présentera les bilans moral et financier du bureau fédéral. Cette sortie médiatique du premier responsable du football algérien ne plaira pas à tout le monde, car nombreux sont ceux qui auraient souhaité le voir présenter sa démission et quitter la scène plus tôt. C'était mal connaître l'intéressé qui avait déjà annoncé, mais non d'une manière officielle, son départ et qui avait dit qu'il irait au bout de son mandat, quelles que soient les circonstances. Une fois encore, l'équipe nationale aura eu raison de la stabilité de la FAF. Avant Mohamed Raouraoua, Omar Kezzal avait subi de terribles pressions et été obligé de partir, suite à la déconvenue de l'équipe nationale en terre égyptienne pour le compte des qualifications au mondial 2002. Cette équipe nationale aura donc pris le dessus sur les deux meilleurs présidents que la FAF ait eu depuis des lustres. Jusqu'au début de l'épreuve des qualifications pour le Mondial 2006, l'avenir de Mohamed Raouraoua à la tête de la FAF ne semblait pas en danger. La défaite contre le Gabon à Annaba sur le score de 3 buts à 0 avait été le premier coup de semonce pour enclencher la déstabilisation qui allait le mener à la disgrâce. Il est certain que depuis cette terrible soirée annabie, la mission de Mohamed Raouraoua à la tête de la FAF n'a plus été comme avant. L'homme n'a eu de cesse de subir pression sur pression pour le décourager et l'amener à se démettre. La défaite, dimanche dernier, de l'équipe nationale à Oran face à son homologue du Nigeria aura été le coup de trop. Lundi, au lendemain de cette défaite, le MJS a organisé un séminaire sur le sport et la réconciliation nationale. Sans citer de noms, le ministre, M.Yahia Guidoum, a, dans son discours inaugural, laissé entendre que c'était la FAF qui était visée. A sa suite, certains intervenants ne se sont pas gênés pour s'en prendre à cette même fédération. Même si, selon M.Raouraoua, le ministre lui a avoué qu'il a parlé, en fait, de la fédération de tennis (???), on ne pouvait nier le fait qu'entre le MJS et la direction de la FAF le lien était rompu. M.Mohamed Raouraoua va, donc, quitter cette fédération en novembre prochain après avoir accompli en quatre ans un remarquable travail de restructuration du football algérien. Ce serait vraiment faire preuve d'un subjectivisme de très mauvais aloi que de nier ce qu'a apporté cet homme au football algérien. Ceux qui avaient l'habitude de fréquenter le siège de la fédération savent eux combien le changement a été important depuis que Mohamed Raouraoua a pris les rênes de la FAF. Installation de la Ligue nationale, création de trois nouvelles ligues régionales, de la ligue interrégions, lancement d'un championnat professionnel, d'un championnat national juniors et d'un autre cadets. Sur le plan de la gestion du championnat, mise en place du passeport du joueur (qui n'est autre qu'un plan de carrière), de la licence informatisée infalsifiable, de la répercussion de l'information par un service Internet et Intranet, de règlements généraux sans cesse renouvelés pour s'adapter aux réalités du football, etc. Ajoutons à cela l'achat du terrain du siège de la FAF qui va disposer bientôt de locaux ultramodernes, adaptés aux besoins d'une administration professionnelle enfin débarrassée de la gestion du championnat. Sur le plan international, il est incontestable que la FAF a gagné en considération auprès des instances internationales. Pour la première fois depuis de très longues années, l'Algérie a pu accéder au bureau exécutif de la FAF par le biais de Mohamed Raouraoua lequel est également le vice-président de l'Union arabe de football et celui à qui la FIFA fait appel pour superviser les assemblées générales des fédérations des pays africains. M.Abdelkader Drif, l'ex-président du MCA, qui faisait partie de l'équipe qui s'était présentée contre lui en novembre 2001, nous disait récemment: «J'ai été un adversaire de Raouraoua mais l'honnêteté m'oblige à reconnaître que ce Monsieur a réussi des prouesses. Parmi celles-ci, celle de s'être fait élire au bureau exécutif de la CAF. Rien que pour cela, il a droit à tous les honneurs car ce n'est pas Raouraoua qui est passé mais l'Algérie». Le drame, pour le président de la FAF, aura été l'équipe nationale. Il faut reconnaître que dans la gestion de celle-ci, il a commis des erreurs comme celle qui l'avait vu démettre Madjer sans aucune raison puis de faire appel à des entraîneurs belges (Leekens et Weseige), alors qu'il était flagrant que le football avait besoin d'être rétabli depuis sa base. Et là, on ne manquera pas de stigmatiser l'action des pouvoirs publics qui ont fait tout faux. Ces pouvoirs publics exigent une équipe nationale performante, mais qu'ont-ils fait pour qu'elle y parvienne? Rien. Depuis vingt ans, l'équipe nationale n'a fait que régresser. A chaque échec de celle-ci, le MJS a fait en sorte de changer la composante du bureau fédéral. On a, donc, passé son temps à changer de fédération mais le problème est resté le même: notre équipe nationale n'est toujours pas performante. Le MJS a fait des séminaires, des assises, des rencontres, des colloques, des réunions, des rencontres, des cellules de réflexion, pour le même résultat: une équipe nationale ratatinée. La solution, elle est où alors? A la FAF, bien sûr, mais sans le concours des plus hautes autorités de l'Etat, celle-ci ne peut rien. Il faut des moyens, mais surtout une politique car celle-ci pose les jalons d'une démarche qui doit être révolutionnaire, vu la déliquescence de l'équipe nationale. Raouraoua va partir mais le sort de son remplaçant est tout tracé: il partira parce qu'on le jugera non pas sur ce qu'il fera, mais sur les résultats de l'équipe nationale à laquelle on exigera des demi-finales de la CAN 2008 à partir du néant. Bonjour les dégâts!