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Jean S�nac, de Montpellier � Djelfa
Publié dans Le Soir d'Algérie le 08 - 08 - 2005

L�universit� Paul-Val�ry Montpellier III a organis� les 3 et 4 juin 2005 une rencontre autour de la po�sie alg�rienne de langue fran�aise. L�originalit� d�une telle manifestation est triple : outre un hommage appuy� � Jean S�nac (1926-1973) et � ses amis les po�tes Tahar Djaout et Youcef Sebti ou l��diteur Edmond Charlot, des po�tes r�v�l�s par S�nac ont eu � pr�senter d�autres jeunes po�tes dont les textes ont �t� lus par un com�dien.
C�est ainsi que Hamid Tibouchi a introduit le jeune El-Mehdi Acherchour, Madjid Kaouah le �beur� Djamel Benmerad, Abdelhamid Kaouah l�a�n�, Chakib Hammada et Hamid Nacer-Khodja le prolifique Youcef Merahi. Les po�tesses ne sont pas oubli�es puisque Habib Tengour a pr�sent� Samira Negrouche, encore �tudiante en m�decine, et Fouzia Lamrani la nouvelliste R�nia Aouadene r�v�l�e par la revue �Alg�roe-Litt�rature-Action�. Quant � l�Am�ricain d�origine tunisienne H�di Abdel-Jaoud, venu de New York, il a c�l�br� la magnifiance de Mohamed Schaba. Enfin, Hamid Nacer-Khodja, qui a publi� de nombreux ouvrages sur Jean S�nac, a soutenu la premi�re th�se sur cet auteur portant sur �Un itin�raire personnel : Jean S�nac critique�. Nous l�avons rencontr� les 20 et 21 juillet 2005 � la Maison de culture de Djelfa, � l�occasion du cinqui�me colloque sur la cr�ation litt�raire et artistique. Cette rencontre a vu la cons�cration de deux personnalit�s culturelles nationales, Amin Zaoui et Mohamed Benguettaf, lesquels se sont vu attribu�s le burnous litt�raire et le burnous artistique.
Pourquoi Jean S�nac critique ?
S�nac est connu en tant que po�te et a fait l�objet de quelques �tudes, y compris de type universitaire qui sont au nombre de treize. Par contre, S�nac critique a �t� totalement occult�, sinon ignor�. Le champ d�investigation �tait donc vierge pour aborder un aspect de son �uvre qui est non seulement consid�rable, mais pr�sente aussi plusieurs aspects. A c�t� d�une critique litt�raire et artistique entam�e d�s 1946 par la publication d�articles et d�ouvrages, existe une production radiophonique aussi bien en Alg�rie coloniale (1964-1965- 1967-1971) qu�en Alg�rie ind�pendante (1964- 1965-1967-1972). S�nac a m�me r�alis� pour la RTA (Radiodiffusion t�l�vision alg�rienne) trois films de t�l�vision, l�un portant sur �Une insurrection de l�esprit : la litt�rature alg�rienne de 1830 � 1964� (1964), les deux autres sur les peintres en relation avec les po�tes alg�riens (1968).
Quels sont les traits dominants de cette critique si diversifi�e tant en genre qu�au niveau des supports m�diatiques ?
En dehors de quelques auteurs admir�s (Paul Verlaine, Ren� Char), la critique de S�nac a concern� un seul espace d�expression et d��nonciation, l�Alg�rie litt�raire et artistique de 1946 � 1973. Durant cette longue p�riode, S�nac n�a cess� de plaider pour la connaissance de la litt�rature et de l�art (principalement la peinture) en Alg�rie, d�Alg�rie, alg�rien. Apr�s avoir �t� l�avocat des auteurs alg�rianistes (Robert Randau, Edmond Brua) et de l�Ecole d�Alger (Albert Camus, Emmanuel Robl�s, Jules Roy, etc.), il s�est int�ress� t�t aux premiers �crivains et artistes alg�riens en participant � leur r�v�lation � partir de 1950, date charni�re de leur apparition. C�est ainsi que S�nac est pionnier en parlant et publiant les premiers textes de Mohamed Dib, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine dans les revues qu�il dirigea, �Soleil� (1950- 1952) et �Terrasses� (1953). Il a �t� �galement le premier � �crire, organiser des expositions et reproduire dans sa revue �Soleil� les travaux picturaux de Baya Bachir Yell�s, Abdelkader Guermaz. Pendant la guerre d�Alg�rie, il a multipli� actions, critiques et essais id�ologiques pour la reconnaissance du �fait national alg�rien�. A l�Ind�pendance, il a �t� un authentique �Soleil fraternel� (selon son expression qui est aussi sa signature) pour l�aide apport�e aux jeunes po�tes et peintres alg�riens, allant jusqu�� les regrouper autour d�expressions qui vont conna�tre une grande fortune, les premiers �tant des po�tes de �graphie fran�aise�, les seconds des peintres de �l�Ecole du Signe�. En outre, le discours critique de S�nac se singularise puisqu�il s�assimile avec sa vie, d�autant que lui-m�me a d�clar� � maintes reprises ne pas faire dispara�tre l�homme au profit de l��uvre. Il fallait donc placer l�auteur dans son �tre � y compris intime � en relation avec une situation d��criture o� la psychologie, les amiti�s, les rencontres, nourrissent, expliquent ou justifient le processus de cr�ation et de r�ception des articles, ouvrages, �missions et films de S�nac. Enfin, il convient de souligner que les textes critiques se d�placent d�un genre � l�autre, passant de la litt�rature � la peinture ou la radio et inversement. Ils se pr�tent donc volontiers � des lectures comparatistes ou intertextuelles que j�ai entrepris pour d�gager les �ventuels �carts et leurs enjeux.
O� se situe l�apport de S�nac dans la critique litt�raire ou d�art d�Alg�rie ?
S�nac a �t� en permanence un homme d�union litt�raire, artistique, spirituelle, sensuelle et m�me linguistique puisqu�il int�gra dans son vocabulaire critique et sa po�tique des mots et expressions arabes alors qu�il ne connaissait pas cette langue. Cette soif d�union a induit une d�marche novatrice de l�auteur qui a entrepris de rassembler, quelles que soient leurs communaut�s d�origine, les �crivains et peintres pour un �Front culturel de la pens�e alg�rienne�. A ce titre, il joua dans l�histoire litt�raire un r�le aussi important que Gabriel Audisio et Emmanuel Robl�s. Par ailleurs, S�nac a cr�� des mots nouveaux qui, mieux que tout, expriment la r�conciliation � terme tr�s important pour lui � des contraires. Parmi les n�ologismes, j�ai particuli�rement insist� sur les concepts de �po�peintrie � et de �corpo�me� que l�auteur a plus ou moins th�oris� en tant que critique et po�te.
Pourriez-vous d�finir bri�vement ces principaux termes de l�esth�tique de S�nac ?
Inventer des mots, c�est cr�er un mieux-voir ou un mieux-�tre qui n�existait pas auparavant. �Pour S�nac, dont l�univers a �t� constamment litt�raire et visuel (pictural, photographique, cin�matographique), la po�peintrie rev�t deux principaux aspects. Elle est d�abord une alliance entre les po�tes et les peintres regroup�s soit dans la revue �Soleil� o� les �uvres des seconds s�accordent formellement aux textes des premiers, soit dans ses propres recueils po�tiques o� les peintres (Abdallah Benanteur, Mohamed Kadda, Louis Nallard) transposent ou reconstituent en rythmes graphiques son univers mental. La po�peintrie est ensuite une s�rie de r�flexions sur les relations textes/iconotextes o� les r�f�rences litt�raires et picturales sont d�finies pour une esth�tique double : la peinture a tant�t une signification purement plastique pour tout �il subjectif, tant�t un r�le populaire avec la certitude d�une nation � na�tre. Quant au corpo�me, c�est-�-dire le corps d�gag� de toute spiritualit� se conjuguant au po�me, il repr�sente la somme des exp�riences po�tiques et �rotiques de S�nac qui se voulait po�te plus qu�homme en tentant de d�finir les multiples �tats du corps d�sirant ou amoureux.
O� peut-on lire votre th�se ?
Le jury a autoris� sa diffusion dans les biblioth�ques universitaires. En attendant une �ventuelle publication souhait�e par les uns et les autres, elle sera disponible � partir de septembre 2005 sur le site �www.limag.com� dirig� par le professeur Charles Bonn. Je remercie vivement ce dernier, notre ma�tre � tous apr�s le regrett� Jean D�jeux, ainsi que mon merveilleux directeur de th�se, le professeur Guy Dugas, pour cette action qui m�honore.


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