L'avion assurant la liaison Alger-Oran-Lille a connu un périple qui s'inscrit dans l'ère du temps. L es passagers, pris de panique, ont vu, durant plusieurs heures, la mort défiler devant leurs yeux, se remémorant les tristes épisodes de détournements d'avions par des terroristes. Après avoir semé à bord la panique avec une boîte dans laquelle il affirmait avoir dissimulé une grenade, le pirate, un homme âgé de 55 ans, s'est rendu sans la moindre résistance. Le pirate s'était présenté à l'équipage pendant le vol exigeant d'être conduit à Genève. Après moult palabres, l'homme a, cependant accepté que l'avion atterrisse à Oran pour faire le plein de carburant et faire descendre des passagers avant de quitter de son plein gré l'appareil à Oran. Les informations recueillies auprès des sources sécuritaires laissent croire que l'homme en question ne disposait pas de toutes ses facultés mentales Cette énième tentative de détournement vient de remettre encore une fois en cause les consignes de sécurité mise en place à la suite du détournement de l'avion Airbus d'Air France le 24 décembre 1994 sur l'aéroport Houari-Boumedienne par un commando du GIA. Ce qui avait amené les autorités françaises à demander à toutes les compagnes françaises à suspende leur desserte de l'Algérie. Cette mesure a été levée en juin 2000, mais de longues discussions ont été nécessaires depuis entre la compagnie et les autorités algériennes pour renforcer les mesures de sécurité et pour que les compagnies françaises reprennent effectivement leurs dessertes de l'Algérie au mois de juin passé. Ce retour n'a été rendu possible qu'après l'accord des autorités algériennes de soumettre les passagers à des mesures draconiennes. A Alger, les passagers et leurs bagages à main subiront ainsi trois contrôles successifs: à l'entrée de l'aérogare, à l'entrée de la salle d'embarquement puis au pied de la passerelle d'embarquement tandis que l'appareil sera protégé en permanence par la police. A Orly-Ouest et à Marseille, en plus des mesures mises en oeuvre après les attentats du 11 septembre 2001, les zones d'enregistrement feront l'objet d'une surveillance particulière, assure la compagnie dans un communiqué. Les personnels intervenant à l'avion seront contrôlés tandis que la soute et la cabine des appareils seront inspectées par des brigades canines avant le chargement des bagages et l'embarquement des passagers. Tous les bagages de soute seront inspectés, à Alger, à Orly et à Marseille, respectivement soit par des chiens spécialement dressés, soit par des détecteurs d'explosif. Enfin, des agents de sûreté, non armés, assureront la protection de l'appareil en vol comme pendant l'escale à Alger. En outre, Air Algérie n'en est pas à sa première tentative de détournement, par des pseudo-pirates de l'air. En effet, l'aéroport de Constantine avait fait parler de lui en mauvais termes. Après l'affaire des logements destinés au personnel de la tour de contrôle, l'affaire des lingots d'or et celle des cartes à puce pour démodulateurs et la guéguerre qui avait opposé les services des douanes à ceux de la police, un détournement d'avion avait remis sous les feux de la rampe l'aéroport Mohamed-Boudiaf de Constantine. Au mois de janvier dernier, un individu a pris en otages les passagers du vol Constantine-Alger, en provenance de Paris, de la compagnie aérienne Air Algérie. L'avion qui venait juste d'arriver de Paris repartait vers Alger avec à son bord 32 personnes, 25 passagers et 7 membres de l'équipage. «Le futur pirate de l'air, un simple voyageur selon toute vraisemblance, n'a pas eu trop de mal à se frayer un chemin jusqu'à bord de l'avion, vu qu'il n'avait en sa possession aucune arme», avait affirmé une source policière. La manière dont aurait usé le pirate de l'air, pour détourner l'avion, est restée un mystère. Car, désormais, il n'avait apparemment aucun argument persuasif pour prendre le contrôle de l'appareil. Toujours est-il que l'alerte sera donnée en plein ciel. Et sous une surveillance exceptionnelle, l'avion se posera sur le tarmac de l'aéroport Houari-Boumediène. Auparavant, et dans la soirée du 17 février 2002, le vol d'Air Algérie assurant la liaison Oran-Paris a été le théâtre d'une tentative de détournement par un individu, assis à l'avant de l'appareil, qui avait réussi à faire paniquer l'ensemble des voyageurs en lançant à 10000 mètres d'altitude «Ne bougez pas, sinon vous mourrez tous ! J'ai placé des explosifs dans l'avion et je peux à tout moment appuyer sur le détonateur pour faire exploser l'avion. Ne vous levez surtout pas et gardez vos mains sur la tête, sinon je ferai précipiter l'avion sur le sol.». L'ombre de Ben Laden avait ressurgie brutalement avec son cortège d'horreur et la tragédie du World Trade Center ravivé les esprits. C'était la seconde tentative d'un malade mental de détourner un avion d'Air Algérie. Les déboires de la compagnie nationale ne s'arrêtent pas là. En effet, dimanche dernier, un Airbus A330 de la compagnie Air Algérie transportant 271 passagers a perdu une roue (roue du train avant) lors de son atterrissage à l'aéroport parisien d'Orly, sans faire de blessé «La roulette avant a cédé, mais le pied de la roulette ne s'est pas replié sous le poids de l'avion. L'appareil s'est un peu affaissé à l'avant, de moins de 10 degrés», a expliqué le porte-parole des Aéroports de Paris (ADP). «Ce type d'incident est très rare dans le transport aérien», a-t-il ajouté.