Intérêts Les relations américano-saoudiennes étaient souvent considérées comme «stratégiques». Comme tous ses prédécesseurs, le roi Fahd entretenait des relations étroites avec les Etats-Unis, mais celles-ci ont été mises à rude épreuve par les attentats terroristes du 11 septembre 2001, dont 15 des 19 auteurs étaient des Saoudiens. Malgré son alliance avec Washington, l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, a toutefois pris ses distances par rapport à certains aspects de la diplomatie américaine impopulaire dans le monde arabe au cours des dernières années de la vie de Fahd, alors que le prince héritier Abdallah dirigeait de facto le royaume en raison de la santé déclinante du souverain. Souvent qualifiée de «stratégique», l'alliance entre Riyad et Washington repose sur la détermination des Etats-Unis à assurer la continuité de leurs approvisionnements en pétrole et sur le besoin de l'Arabie, dont le sous-sol recèle le quart des réserves mondiales prouvées de brut, de protéger cette source de richesse. Cette convergence d'intérêts s'est matérialisée, de la manière la plus nette, lorsque les forces irakiennes de Saddam Hussein ont envahi le Koweït en août 1990, suscitant la crainte d'une avancée irakienne dans la province orientale de l'Arabie, riche en pétrole. Le roi Fahd autorisait alors le déploiement de centaines de milliers de militaires américains dans le royaume, qui abrite pourtant les deux principaux lieux saints de l'Islam, et acceptait que son pays serve de base à la coalition internationale. Cette présence provoquera la colère des intégristes saoudiens. Deux attentats antiaméricains seront perpétrés sur le sol saoudien au milieu des années 1990. Et la présence militaire américaine avait été considérablement réduite lorsque des partisans du chef du réseau terroriste Al-Qaîda, Oussama ben Laden, déchu de sa nationalité saoudienne, déclenchèrent une vague d'attentats contre des objectifs occidentaux et locaux en mai 2003. Les relations entre Riyad et Washington ont connu leur revers le plus sérieux lorsqu'il s'est avéré que la plupart des pirates de l'air ayant commis les attentats contre le World Trade Center et le Pentagone étaient des Saoudiens. Avec Abdallah aux commandes, l'Arabie saoudite adopta un profil bas fin 2001 pendant la guerre en Afghanistan contre le régime des taliban protecteur d'Al-Qaîda. Il est vrai que Riyad était l'un des rares pays à entretenir des relations diplomatiques avec les taliban. Quand les Etats-Unis décident d'envahir l'Irak en mars 2003 pour renverser Saddam Hussein, l'Arabie saoudite exige un mandat de l'ONU pour y coopérer. En l'absence de cette couverture onusienne, les Etats-Unis décident de mener la guerre depuis le Qatar, petit Etat voisin et rival de l'Arabie, et le QG des forces aériennes américaines dans le Golfe est ensuite transféré de la base prince Sultan vers le petit émirat, mettant fin à 13 ans de présence dans le royaume. La tension provoquée par les attentats du 11 septembre a seulement commencé à diminuer lorsque l'Arabie saoudite, accusée à Washington de laxisme envers le terrorisme, a lancé sa propre traque des partisans de Ben Laden. Depuis, les responsables des deux pays n'ont eu de cesse de se décrire comme des partenaires dans la guerre contre le terrorisme.