Par Amar Rafa Les opposants à un quatrième mandat du président Bouteflika ne sont plus seuls sur le terrain. La semaine qui vient de s'écouler a permis la sortie de deux formations politiques, le MPA et TAJ, qui se déclarent favorables au soutien de la candidature du président Bouteflika pour un quatrième mandat… pour peu que l'intéressé lui-même le décide. Désormais, les candidats à l'élection présidentielle de 2014, Benbitour, le SG de Jil Djadid et Mechati, dont la sortie publique avait soulevé une levée de boucliers, ne sont pas les seuls à occuper la scène politique. Leur action a donné lieu à une réaction, qui a tout l'air d'une tempête dans un verre d'eau, dans l'attente d'une décantation de la scène politique qui dépend de plusieurs paramètres : le contenu de la Constitution qui sera amendée, l'issue de la crise du couple FLN-RND, et d'autres.… Le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a annoncé, samedi dernier, en marge de la rencontre régionale tenue à Constantine, en présence des cadres et des sympathisants du parti, le soutien de son parti à un quatrième mandat de Bouteflika. M. Benyounès a qualifié de «faux débat» la campagne «pour ou contre un quatrième mandat de l'actuel chef de l'Etat». Affirmant qu'il soutiendrait le président de la République au cas où il déciderait de se présenter pour un quatrième mandat, le secrétaire général du MPA a souligné que la candidature aux présidentielles prévues en 2014 est un «droit consacré par la Constitution pour tout citoyen algérien». Pour sa part, Amar Ghoul a souligné qu'«en démocratie chacun est libre de se porter candidat. Notre parti soutiendra la candidature du président Bouteflika dans le cas où il se présenterait pour un 4e mandat». Interrogé sur la position du Front des forces socialistes (FFS) par rapport à un quatrième mandat du président de la République, le premier secrétaire national du FFS a indiqué à un confrère que la question ne mérite pas d'être «discutée». «Tout ce que je peux vous dire, c'est que le FFS n'appartient pas et n'appartiendra jamais, à un tel ou tel clan», a-t-il insisté. «C'est une question qu'il ne faut pas poser à un parti d'opposition», a-t-il encore ajouté à l'adresse des journalistes qui l'interrogeaient pour savoir si le vieux parti d'opposition soutenait un quatrième mandat présidentiel de Bouteflika. Quant au RND et au FLN, ils semblent se morfondre dans les méandres de leurs querelles intestines. Si la crise actuelle perdure, il n'est pas exclu qu'on revienne aux urnes, avec toutes les surprises qu'elles pourraient engendrer, puisque les deux ex-SG seraient également candidats pour le retour aux commandes de leurs partis respectifs. En attendant que les organisations syndicales, patronales et les mouvements de la société civile rejoignent le débat, d'autres formations ont jeté leur dévolu sur la question de la révision de la Constitution, censée constituer la dernière étape avant la présidentielle, mais aussi donner un aperçu sur ce qu'elle sera. Bouguerra Soltani, qui s'est toujours montré «bavard» lorsqu'il s'agit d'annoncer la couleur, a bien dit que sans la limitation des mandats il n'y a pas de raison de participer à la prochaine présidentielle. La question qui emballe nombre de partis, qui se sont dotés de commissions à l'effet d'échafauder leur vision de la Constitution, apporte du grain à moudre à d'autres qui se sont prononcés à l'occasion de sorties, le week-end dernier. Le président du parti El Karama, Mohamed Benhamou, a ainsi, estimé, samedi, à M'sila, que l'amendement de la Constitution, décidé dans le cadre des réformes politiques en Algérie, doit être soumis à un référendum populaire. M. Benhamou, plaidant pour un régime semi-présidentiel qui créerait, selon lui, un «équilibre entre le président et le parlement», a ajouté que les prochaines élections présidentielles constitueront une «étape importante» qui verra le comité central de son parti «trancher sur la question du choix ou non d'un candidat d'El Karama pour cette échéance». Le président de l'Ufds, Bahbouh, a, de son côté, appelé à l'adoption d'un régime semi-présidentiel dans l'amendement constitutionnel. L'Union «propose l'adoption du régime semi-présidentiel dans l'amendement constitutionnel prévu, afin de réaliser l'équilibre entre les pouvoirs et de définir les prérogatives, notamment celles du président de la République», a indiqué M. Bahbouh. Notons, enfin que, s'agissant de la révision de la Constitution, le secrétaire général du MPA a conditionné l'adhésion de son parti à la révision de la Loi fondamentale du pays par la «préservation du caractère démocratique et républicain de l'Etat algérien et la préservation du Conseil de la nation avec son tiers présidentiel». A. R.