Au Salon du livre (15e Sila) nous avons rencontré Karim Chikh, directeur des éditions Apic. Ce qui nous a attiré, c'est l'animation régnant dans le stand, chargé de livres, bien rangés sur de grandes tables. J'ai reconnu Salim qui discutait avec des visiteurs accompagné d'une jeune fille qui le secondait. Karim était assis avec l'écrivain camerounais Eugène Ebodé qui dédicaçait son nouveau roman Madame l'Afrique. D'un coup ce titre résonna en moi et suscita ma curiosité. Je me suis dit qu'il était bien malin cet Africain. Alors j'ai abordé la discussion avec son éditeur qui me présenta sa maison d'édition et son intérêt pour le livre. «C'est en 2003 que ma femme et moi avons créé cette maison d'édition. Nous avons commencé par éditer un beau livre sur les tapis, Au fil des temps. C'était une commande du ministère de la Culture pour l'Année de l'Algérie en France. D'ailleurs, cet événement a permis le décollage de plusieurs maisons d'éditions.» A propos de créneaux «littéraires», il a choisi essentiellement celui de l'Afrique en créant la collection «Résonance» où il a publié plusieurs ouvrages d'auteurs, comme Anouar Benmalek, Hamid Skif, ainsi qu'une collection politique et géopolitique. «Nous avons également publié des livres d'histoire, par exemple sur la vie de l'émir Abdelkader. J'aime l'histoire lorsqu'elle est romancée, elle donne du plaisir et de l'imagination au lecteur.» Karim Chikh nous parle aussi de la résidence d'écriture qu'il avait organisée lors du 2e Festival panafricain où 12 écrivains africains ont participé pendant quinze jours, ce qui a donné un recueil de nouvelles paru aux éditions Apic. «C'est un recueil de nouvelles intitulé Ancrage africain. Nous avons proposé ce projet au ministère de la Culture qui l'a tout de suite accepté.» Cette résidence d'écriture, selon cet éditeur, fait partie de la continuité de leur ligne éditoriale, étant donné qu'il a une collection ayant pour titre «Résonance» qui édite des auteurs africains afin de remettre la littérature africaine dans son contexte continental. «La résidence d'écriture a permis d'enclencher des confrontations de discours et de créer des débats. C'était une belle expérience. Il nous informe que jusqu'à présent, 74 titres ont été publiés par Apic, et cette maison d'édition participe aux divers salons du livre organisés à l'étranger. Pour l'Afrique, il nous dira qu'en plus du Sila, «il y a les salons de Ouagadougou et du Sénégal qui devront être organisés le mois de décembre prochain». Conscient de l'enjeu du livre, Karim nous déclare : «On doit prendre les choses en main, car le livre est le support roi de la culture» et «nous sommes une génération qui veut faire de bonnes choses, mais pas dans la continuité aveugle ». Quant à l'écrivain Eugène Edoré, il nous parla brièvement de son livre Madame l'Afrique où il nous dira qu'il est né à Alger dans un contexte favorable à l'écriture. Et le Sila ouvre les pages des retrouvailles et des débats, et les pages permettent aux lecteurs et auteurs de se rencontrer.