Devant une foule rassemblée aux portes du palais de justice, Mourad Bouzidi a dénoncé de nouveau "la politique de deux poids, deux mesures" et a appelé au maintien de la mobilisation, tout en invitant les pouvoirs publics à "revenir à la raison". À la demande de la défense, le président de la cour d'appel de Béjaïa a décidé, hier, de reporter au 3 juin prochain le procès en diffamation intenté par le P-DG de l'Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), Djelloul Achour, contre le porte-parole de la Coordination des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques, Mourad Bouzidi. En l'absence de la partie plaignante, M. Djelloul Achour en l'occurrence, l'un des avocats de la défense, Me Mazouz, a introduit une demande de report du procès, à laquelle le président de la cour a accédé peu de temps après en annonçant l'ajournement du procès de deux semaines. Après ce report, le militant Mourad Bouzidi quitte la salle d'audience pour rejoindre la foule qui l'attendait dehors. En effet, des dizaines de personnes, dont des députés et élus locaux du RCD, des responsables politiques, à l'image du porte-parole de l'Alternative pour le changement (AC), le Dr Djamel Marniche, le coordinateur de wilaya de Jil Jadid, Rabah Naceri, des militants des droits de l'Homme... se sont rassemblés en face du palais de justice de Béjaïa. Bravant la pluie et le froid qui sévissaient en cette matinée d'hier, ils étaient nombreux à venir exprimer leur soutien "indéfectible" au porte-parole de la Coordination des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques. Sur place, Mourad Bouzidi a improvisé une prise de parole pour faire part à son auditoire de la décision d'ajourner le procès à la date de 3 juin prochain, avant de revenir sur la genèse de cette affaire opposant le groupe Cevital au P-DG de l'Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB). L'intervenant a tenu d'abord à dénoncer "la politique de deux poids, deux mesures", dont fait preuve le pouvoir en place qui, selon lui, "autorise et finance l'implantation d'une usine de trituration de graines oléagineuses dans l'enceinte portuaire de Djendjen (Jijel), alors qu'il bloque un projet similaire, autofinancé par le groupe Cevital, qui devrait être réalisé en dehors du périmètre du port de Béjaïa". M. Bouzidi ajoute, sur sa lancée, que "les dirigeants de ce pays doivent revenir à la raison en prônant l'équité et la justice sociale. Ce qui passe par la justice distributive, un principe qui s'appuie sur l'égalité de droits et la répartition équitable des richesses du pays". Et pour arracher tous ces droits, l'orateur appelle les citoyens de la région à "rester mobilisés et vigilants", affirmant au passage que "la formidable mobilisation qu'a enregistrée notre marche du 14 mai dernier, a bousculé sérieusement les tenants de ce pouvoir". Par ailleurs, M. Bouzidi invite l'assistance à "venir en masse ici, devant le palais de justice, le 3 juin prochain, afin de maintenir la pression sur les pouvoirs publics. Le combat continue". Et de conclure son intervention en soulignant que "le P-DG du port de Béjaïa doit savoir qu'à travers sa plainte, il nous offre une opportunité de rebondir sur le sujet à chaque audience". Enfin, il convient de rappeler que ce procès intervient suite à une plainte pour diffamation du P-DG de l'EPB, suite aux déclarations de Mourad Bouzidi, faites lors de la marche populaire organisée le 2 juillet 2017, à Béjaïa, où il rappelait le rôle joué par Djelloul Achour dans le blocage du projet de Cevital. KAMAL OUHNIA